2.J’étais curieux de savoir dans quelle affaire la baronne de Suippe voulait m’engager. D’après ce que je connaissais de ses relations anciennes et de son caractère d’aventurière, tout était possible : une conspiration, un espionnage, rien ne m’étonnerait d’elle. Il lui fallait quelqu’un parlant anglais, voilà pourquoi elle avait jeté les yeux sur moi. C’était vraiment bien de l’honneur qu’elle me faisait. Mais je ne devais pas me fâcher. Jugeant les autres d’après elle-même et aussi d’après les exemples qui lui étaient restés dans la mémoire, elle ne voyait en tout que des affaires, et pour elles les affaires se divisaient en deux classes : les bonnes, celles qui faisaient gagner de l’argent ; les mauvaises, celles qui en faisaient perdre. Il n’y avait rien au-delà, au-dessus ou à côté d


