Moha a toujours été une jeune femme très active. Presque trop même, en effet, elle ressent un besoin constant d’être occupée. Moha était une jeune femme cultivée, créative, studieuse et scrupuleuse. À presque 30 ans, elle avait un curriculum long comme le bras, un BAC en enseignement des arts et venait tout juste de commencé une nouvelle maîtrise en enseignement, mais n'avait jamais eu de copains.
Elle avait démarré sa petite entreprise et faisait de son mieux pour se faire un nom en tant qu’artiste sur la place publique, mais n'avait jamais eu de rendez-vous galant. Surtout Moha avait une imagination débordante dont elle faisait un usage prolifique lors de ses séances d’autosatisfaction nocturne, mais ne pouvait compter que sur les 3 premiers doigts d’une main le nombre de fois où elle avait couché avec un homme.
Depuis qu’elle était jeune, Manmie lui avait toujours dit : « fais des études, bâtis-toi une carrière sois indépendante et les hommes, ça se fera toute seule… ils te tomberont dans les bras, comme des abeilles sur du sucre!». Des conseils, qui ont longtemps semblé tout à fait pertinents aux yeux de Moha. Sa mère, qui était a peine plus vieille qu’elle à l’époque était l’une des rares propriétaires de couleur de son quartier, lorsque sa sœur et elle étaient enfants. Avant même qu’elle décide de quitter le lâche lui servant de mari, qui passait plus de temps dans des avions et des hôtels de luxe que dans la maison qu’ils avaient acheté tous les deux, avec les enfants qu’ils avaient fabriquer ensemble, elle était le seul soutien familial que Moha et sa soeur aient jamais connu.
Alors si la petite femme des caraïbes, lui disait d’atteindre les étoiles d’abord et de prendre soin de sa chatte plus tard, et bien, elle allait décrocher les fuckings étoiles et prendrait soin de sa chatte plus tard!
Au primaire, elle avait bavé sur Mathew et joué les entremetteuse pour Brandon. Au secondaire, J.J, l’objet de ses fantasmes, lui avait rapidement fait oublier toute idée de romance, le jour où il a montrer sa carte de Saint-Valentin à toute la promotion en se foutant bien de sa gueule. En terminale, c’est Eric qui avait réussi à ravir son coeur, subtilement et pour longtemps d’ailleurs, même après qu’il soit parti faire carrière dans le nord-ouest du pays et qu’ils aient cesser de ommuniquer il faisait encore parti de ses options de partenaires de limbo nocturne.
Faire preuve de patience et attendre au lieu de courir après la bite semblait tout à fait logique pour Moha. Et honnêtement, au vu de son palmarès actuel, l’abstinence n’avait rien de bien compliqué pour Moha. À l’époque, regardant sa mère, elle trouvait même que ça semblait l’avoir plutôt bien réussi. C’est bien plus tard que Moha c’était rendu compte que sa mère s’était mariée à 21 ans… Aujourd’hui, elle a 29 ans, des diplômes, une expérience professionnelle hors norme, parle couramment 4 langues, est propriétaire d’une voiture et copropriétaire d’une maison avec sa sœur, et est en train de monter son entreprise. En gros, Moha a pas mal touché les étoiles comme le voulait sa mère.
Le hic, c’est qu’arrivé à cet âge-là, c’est pas facile d’essayer de se mettre sur le marché ou d’apprendre à se comporter avec le sexe opposé. Parfois, elle aimerait vraiment qu’il existe un service d’entremetteuse pour les gens comme elle, ou à la limite que les membres de sa famille s’inquiètent suffisamment de sa solitude pour vouloir intervenir… Mais pour ça, elle pouvait toujours courir…
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Assise sur sa chaise, portant encore son sac à dos avec sa boîte à lunch sur les genoux Moha fixait ses mains avec fascination. «Oh mon Dieu!» hurla-t-elle en bondissant de sa chaise. Surprise par le poids de son sac, qu’elle avait oublié qu’elle portait encore, elle retomba en arrière. La pauvre fille rata la chaise qui roula, là, où on n'avait décidément pas besoin d’elle, pendant que Moha, elle, finissait par s’écraser contre le mur derrière elle en se cognant la tête. «Wow… c’est sûr que c’était bien moins glamour là… » se dit- elle affalée sur le sol tel une poupée désarticulée et complètement perdue dans ses pensées.
«o…a…Mo…ha…! Est-ce que ça va?» Sarita entra en courant dans la salle. « Mais qu’est-ce que tu fais par terre ? Est-ce que c’était toi le gros boum? Tu vas bien ?» La petite blonde qui entra dans la classe en laissant tomber son sac par terre parlait à la même vitesse qu’elle marchait, c'est-à-dire trop vite pour quelqu’un qui essayait encore de comprendre pourquoi sa chaise pivotante venait d’essayer de la tuer.
«Oui, oui! Ça va. Ma chaise a juste foutu le camp. » Répondit Moha en fusillant du regard la chaise qui continuait de pivoter sur elle-même.
«C’est sûr que ça aurait été plus pratique d’enlever ton sac à dos… je dis ça, mais je dis rien!» Dit-elle en aidant Moha à se relever. «Bon! Maintenant, tu comptes me le dire pourquoi t’as l’air d’avoir vu un fantôme ?» Dit Sarita en soulevant un sourcil parfaitement dessiné.
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«Ha… Oh my God!…» Sarita étati tordu de rire par terre, littéralement. Elle était couchée par terre et se tenait le ventre et n’en pouvait plus de rire en répétant «pénis !» de temps en temps comme un gosse de maternelle qui vient d’apprendre les parties du corps. Dès que Moha a commencé à parler, elle a su qu’elle allait le regretter… mais comme une conne, elle a quand même finit par tout lui raconter.
Le fait est, qu’elle ne voyait pas trop à qui d’autre en parler. Sarita n’était pas sa seule amie à l’école, mais c’était la seule avec laquelle elle se sentait assez confortable pour parler de ce genre de chose. Sarita était une petite femme de 50kg et d’à peine 1m60, dont on s’amusait à estimer l’âge entre 29 et 39 ans. Elle aimait bien dire que son sang latino, lui avait assuré d’avoir un beau cul et une jolie poitrine que sa passion pour la musculation l'avait aidé à sculpter à sa guise. En la regardant se rouler par terre comme ça, Moha se dit que certains avaient plus de chance que d’autres. Même en faisant le bacon par terre, Sarita avait encore l’air parfaite.
Moha inspira profondément et s’apprêtait à intervenir avec beaucoup de sérieux lorsque trois autres mystérieuses entités déferlèrent dans la petite classe. Marie, Nattie et Sabine entrèrent dans la classe alors que Moha avait encore le doigt levé et que Sarita se tordait de rire par terre. On aurait dit un épisode de ‘‘Ma vie de prof au quotidien’’ avec un élève doté de coussins gonflables ! Les trois femmes qui étaient déjà de très bonne humeur, n’avait pas besoin de plus pour éclater de rire à leur tour sans même savoir ce qu’il y avait de tellement drôle.
Bah voyons!, se dit-elle, en entendant Sarita, qui assise à quatre pattes, racontait à la petite b***e réunit devant elle, sa terrible histoire entre deux hoquets. Moha se laissa retomber au fond de sa chaise et laissa échapper un soupir d’exaspération en regardant avec désespoir la tâche colossal qui s’étalait devant elle. Rien n’était encore fait dans sa classe, elle n’avait même pas encore vidé son sac, ni même ouvert ses bacs, et les 4 là qui lui faisait perdre son temps...
Elle roula des yeux en se levant et les laissa jouer les gamines sur son tapis pendant qu'elle allait se mettre au travail. Depuis toute petite, dès que Moha était stressée ou nerveuse, ou même s’ennuyait, elle se mettait à organiser et ranger. Donc, il va sans dire qu’aujourd’hui, avec son niveau de stress qui pétait le plafond chaque fois qu'elle entendait un gloussement et le mot pénis, il va sans dire, qu'elle avait besoin de ranger.
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