XIDès le lendemain de sa conversation avec le baron de Falsten, Karl Verhmann se rendit chez So-Phung. La boutique de celui-ci était d’apparence modeste. On descendait à l’intérieur par trois marches, et l’on se trouvait dans une petite pièce assez sombre, où se voyaient réunis les différents genres de chaussures en usage chez les Célestes. So-Phung, dans son commerce, avait une réputation d’honnêteté bien établie. Mais certaines gens chuchotaient que les bénéfices licites et modérés qu’il réalisait ainsi n’étaient rien près des gains que lui rapportait l’usure. Ces mêmes personnes prétendaient qu’on ne pouvait avoir pour l’argent une passion plus immodérée que ce petit homme à la mine avenante, à l’œil sournois, dont l’avarice sordide était d’ailleurs bien connue de tout le quartier où


