VLa grève était déclarée à la fabrique Marellier. On rencontrait maintenant les ouvriers traînant à travers Palerville, ou sur la route qui, passant devant la fabrique, conduisait de la ville au village d’Équesnes. Les cabarets faisaient de fructueuses journées, et, dans les logis, femmes et enfants voyaient poindre le spectre de la misère. Un certain nombre d’ouvriers travaillaient encore. De ceux-là étaient les Plautin, père et fils. Économes et rangés, ils trouvaient leur salaire suffisant et comprenaient raisonnablement que le patron, après les sacrifices déjà faits depuis quelques années pour augmenter le bien-être de ses ouvriers, ne pouvait aller plus loin sans s’exposer à la ruine. Mais les grévistes, furieux, les avaient plusieurs fois menacés, et, ce matin, un jeune homme de s


