29 juin Saint-PaulLa salle d’attente est si pleine qu’il ne reste plus un seul siège disponible, un de ces sièges inconfortables en plastique moulé orange hideux, si durs qu’on peut craindre de ne plus jamais retrouver la forme initiale de son arrière-train une fois qu’on aura eu la chance d’être appelé et de pouvoir se lever. Mais cela ne risque pas de se produire de sitôt. En arrivant ce matin, d’assez bonne heure pourtant, elle a pris scrupuleusement au distributeur, comme tout le monde, un petit ticket gris numéroté. Il porte le numéro 666, le nombre du diable. Ce n’est pas un bon présage. Au-dessus des guichets clignote en rouge le déroulé de l’appel. On en est au 583. Dix minutes plus tard, le chiffre n’a pas varié. Ça n’avance pas. Il fait chaud dans cet environnement clos, sans


