48.Cette invitation à dîner à l’hôtel de Solignac n’était pas faite pour me plaire. C’était la menace d’une intimité qui m’effrayait ; car, si je pouvais garder jusqu’à un certain point l’espoir d’éviter la présence de M. de Solignac dans mes visites à Clotilde, j’allais maintenant subir le supplice de l’avoir devant les yeux pendant plusieurs heures. Il parlerait à sa femme, elle lui répondrait, et je serais ainsi initié, malgré moi, à des détails d’intérieur et de ménage qui ne pouvaient être que très pénibles pour mon amour. Mais il n’y aurait pas que mes illusions et ma jalousie qui souffriraient dans cette intimité. J’avoue franchement que je ne me fais aucun scrupule d’aimer Clotilde, malgré qu’elle soit la femme d’un autre. Je l’aimais jeune fille, je l’aime mariée, sans me consi


