10.Dans l’invitation du général Martory je n’avais vu tout d’abord qu’une heureuse occasion de passer une journée avec Clotilde, mais la réflexion ne tarda pas à me montrer qu’il y avait autre chose. Clotilde et son père ne seraient pas seuls à ce dîner, il s’y trouverait aussi le commandant de Solignac qui introduirait entre nous un élément étranger, — la politique. Faire de la politique avec le général, c’était bien ou plutôt cela était indifférent ; en réalité, il s’agissait tout simplement de le laisser parler et d’écouter sa glorification de Napoléon. Il avait vu des choses curieuses ; sa vie était un long récit ; il y avait intérêt et souvent même profit à le laisser aller sans l’interrompre. Qu’importaient ses opinions et ses sentiments ? c’était le représentant d’un autre âge. Je


