Chapitre 2

1694 Mots
Point de vue de Layan Les vacances d’été sont officiellement finies. Pénélope a repris les cours aujourd’hui. Elle est retournée à l’internat hier dans la matinée. Elle m’a laissé quelques messages hier tard dans la soirée en rapport avec le tirage au sort. Je ne les ai pas encore lus par manque de temps et beaucoup de flemme. Je sais très bien que si je rentre dans la conversation elle le verra et elle va me bombarder de message. Je n’ai pas vraiment la tête à commérer aujourd’hui. J’ai mieux à faire pour le coup. Je connais très bien Boucles d’or, elle voudra qu’on juge chaque look de rentrée de ses camarades. Je n’ai rien contre leurs façons de s’habiller mais, ce n’est pas en portant des vêtements de marques qu’on a forcément du style. La rentrée est le seul jour où les royales et les nobles ont le droit de ne pas porter leurs uniformes. Donc c’est l’occasion pour eux de montrer qui a le plus de richesse parmi eux. Alors que je plie mon linge avant de commencer ma journée de travail, on toque à ma porte. Je réside actuellement dans une petite dépendance se trouvant sur les terres des Argent (la famille de Pénélope). Je me lève en déposant le tee-shirt que je viens de plier sur l’un des coussins se trouvant sur mon lit. « - J’arrive ! » Je crie alors que cette personne s’acharne sur ma fragile et petite sonnette qui n’a rien demandé. « - On se calme, je suis là ! » Je lâche en ouvrant la porte. J’étais prête à claquer ma petite Blondie mais je stoppe net mon mouvement de main en reconnaissant l’uniforme royale. Je baisse vite la main et fais un pas en arrière. Les couleurs blanc et doré de l’uniforme m’éblouissent légèrement. Je remonte lentement mon regard vers le visage du soldat. Je fais face à des yeux verts avec quelques touches d’orange. De longs cils roux entourent ses yeux, de petites tâches de rousseurs habillent ses joues légèrement rougies par l’effort. Il semble assez jeune, sûrement un nouveau. « - Bonjour. » Débute le soldat. « - Bonjour. » Je lui retourne en jetant un petit coup d’œil sur ses lèvres roses. « - Vous n’avez pas répondu à l’appel. » Il me dit ça comme si je savais de quoi il parlait. « - L’appel ? » Je répète totalement perdue. « - De la rentrée. » Il précise en relevant son sourcil droit comme si c’était évident. « - Quelle rentrée ? » Je continue toujours aussi perdue. « - J’ai fini ma scolarité il y’a deux ans. » Je l’informe. Il se trouve que le peuple n’effectue pas le même parcours scolaire que les royales et la noblesse. Nous finissons nos études à notre quinzième anniversaire. Alors que les castes supérieures peuvent continuer leurs études autant de temps qu’ils veulent. C’est comme ça que sont formées nos futurs dirigeants, personnes de lois et futur professionnels soignants. Il est très rare qu’une personne du peuple accède à des études supérieures. C’est pour ça qu’il y’a eu cette réforme pour intégrer des jeunes de ma caste à Célestia. « - Vous n’avez pas assister au tirage au sort ? Il était diffusé sur la chaîne royale. » Il semble un peu comprendre la situation. « - Je n’ai pas de télévision. » Je lui réponds tout simplement en plantant mes yeux dans les siens. « - Vous n’avez pas d’internet ? » Il continue tout en me regardant comme si je venais d’une autre planète. « - Je ne sais pas si vous avez remarqué mais on est un peu au milieu de nulle part ici. » Je lui rappelle en lui montrant l’environnement d’un geste de la main. « - Y’a du réseau que cinq jours sur sept ici. Ce n’est pas mon jour de distribution de réseau internet. » Je lui explique. « - Je vois… Bon, vous avez quinze minutes pour réunir vos affaires avant de partir. » Il me lâche avant de se mettre sur le côté. « - Pourquoi faire ? » Je me tourne vers lui. « - Pour rejoindre Célestia, vous avez déjà raté votre premier jour. » Il finit avant de me tourner le dos. « - C’est une blague j’espère ? » Je laisse un rire nerveux quitter mes bronches. « - J’ai l’air de blagué ? » Il se tourne légèrement vers moi en me jetant un regard sérieux. « - Je crois qu’il y’a erreur. Je n’ai jamais envoyé ma candidature. » Je lui explique en quittant l’encadrement de ma porte pour me rapprocher de lui. « - Vous êtes bien Layan Najma ? » Il me demande en brandissant un document officiel avec mes informations notés dessus. Je fixe le document en silence. Je ferme la bouche et sers les dents, je reconnais directement l’écriture de ma meilleure amie, Pénélope. C’est un sale coup bas de sa part. C’était évident qu’elle allait m’inscrire à ce foutu tirage au sort. « - Je peux refuser ou c’est mort ? » Je tente d’échapper à ce piège. « - Vous avez envie de finir pendue ? » Il se contente de me demander. Je n’insiste pas plus et vais faire mes sacs. Je prends le nécessaire sans oublier de prendre la petite dague que ma tante m’a offerte à mon dix-septième anniversaire. Elle appartenait à mon défunt père. Je n’ai jamais connu mes parents, je ne sais même pas à quoi ils ressemblent. J’ai perdu la majorité de ma famille dans un terrible incendie. Donc, c’est la seule chose qu’il me reste d’eux. Malheureusement, je dois garder cette dague cachée. Ma tante m’a formellement interdit de la montrer à qui que ce soit. J’avoue que je l’ai montrée à Pénélope, mais elle, elle ne compte pas. « - J’ai fini. » Je quitte ma petite maisonnette. « - Tu vas me manquer. » Je déclare à mon chez moi avant de lui envoyer un petit b****r volant. « - N’importe quoi. » Souffle le soldat. « - Répète pour voir. » Je ne prends même pas le temps de lui faire face. « - C’est à moi que tu parles gamine ? » Je le sens bouger derrière moi. « - Ouais ! » Je lui fais enfin face. « - Mais ça ne va pas la tête ? Je te rappelle que je fais parti de la garde royale. » Il pointe la broderie se trouvant sur sa poitrine gauche. « - C’est pas pour autant que ça te donne le droit de me parler de cette façon, à ce que je sache nous n’avons pas élevé les vaches ensembles. » Je le remets à sa place. « - Les cochons pas les vaches, idiote. » Il ose m’insulter. Je lâche mon sac et me jette sur lui. Je ne contrôle plus rien. Je saute sur lui et attrape ses cheveux roux. Il ne réagit pas tout de suite et semble assez surpris du fait que je l’attaque. Il ne perd pas une seconde de plus et agrippe ma longue natte brune. « - Mais t’es complètement malade ! » Il hurle en essayant de me repousser. « - Lâche-moi sale folle ! » Il essaye de se libérer. « - En plus tu continues sale chien ! Déjà que je n’ai pas demandé à rejoindre ce foutu internat, tu te permets de me regarder de haut ! » Je ne le lâche pas pour autant. Quelques minutes plus tard… Assise parterre à côté du soldat, je m’occupe de soigner ses plaies. Je baisse honteusement la tête alors qu’il me fixe d’un regard furieux. Je perds facilement le contrôle quand on me juge ou quand on me regarde de haut. « - Je suis sincèrement désolée… » Je m’excuse pour la vingtième fois. « - Mais depuis quand on s’en prend à la garde royale ? » Il semble se questionner lui-même. « - Je suis vraiment mais vraiment désolée… » J’insiste en attrapant ses épaules de mes mains avant de planter mes yeux dans les siens. « - J’ai laissé mes émotions prendre le dessus. Je ne voulais pas. » Je continue de me justifier. « - Je… euh… » Il semble perturber alors que ses joues prennent une teinte écarlate. « - C’est bon… C’est bon ! » Il me repousse. « - Je vous pardonne ! Ça restera entre nous. » Il me pardonne enfin tout en évitant mon regard. « - Vraiment ? » Je veux en être sûre. « - Oui, vraiment. » Il confirme. « - Oh mon Dieu ! Merci ! » Je me jette sur lui et le prends dans mes bras. « - Je… » Il se fige contre moi avant de laisser ses épaules retomber. « - Nous sommes en retard. » Il conclu en se libérant de mon emprise. Le jeune soldat se redresse et me tourne directement le dos. Il glisse nerveusement sa main sur sa nuque et me fait signe de le suivre. Je m’exécute tout en attrapant mon sac. Je fais un pas en avant, avant qu’il attrape mon sac et le balance sur son épaule. « - Oh… Merci mais je peux le faire. » Je tente de reprendre mon bagage. « - Avancer devant moi. » Il esquive mon mouvement. Je n’insiste pas plus et passe devant lui. J’avance à son rythme et me tourne de temps en temps vers lui pour voir s’il est toujours là. Je ralentis le pas et me tourne face à lui. Le soldat fait de même et nous voilà face à face. Il me dépasse de deux têtes, après c’est évident vu comment je suis petite de taille. « - Oui ? » Il m’invite à parler. « - C’est quoi ton prénom ? » Je lui demande d’un ton neutre. « - Eliott. » Il me répond tout simplement. « - Enchantée, Eliott. » Je baisse légèrement la tête pour lui montrer mon respect. « - Je suis enchanté, Layan. » Il fait de même.
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