Chapitre 1
Point de vue de Layan
Cette situation commence vraiment à m’énerver. Si ça continue comme ça, je vais sûrement commettre un meutre. Je ne veux pas me retrouver chaque matin à nettoyer les bêtises de cette f****e noble.
Alors que les nerfs me montent, j’inspire et expire profondément tout en prenant le temps de fermer les yeux. Je ne pourrai pas me calmer en ayant ça sous les yeux. Je retrouve mon calme et remonte les manches.
« - Tu as du ménage ma petite dame. » Je me parle à moi-même.
Le manoir est sans-dessus sans-dessous. Pénélope a encore organisé une fête en l’absence de ses parents. Je comprends mieux pourquoi elle m’a offert ce petit séjour chez ma tante. Elle m’a éloigné pour éviter que je ne la stoppe dans sa bêtise.
Ses parents seront de retour au manoir à seize heures. Il est actuellement dix-heures. Il me reste donc, six heures pour tout ranger et tout faire disparaître. Au vu de l’état du salon, je m’attends au pire.
Le personnel de nettoyage ne sera là qu’à partir de treize heures. Je dois donc tout gérer toute seule en attendant leur arrivée. J’inspire et expire un bon coup avant de sortir ma boîte d’écouteur sans file avant de placer les deux petites oreillettes dans mes oreilles. Je lance ma playlist ménage avant d’attaquer.
« - C’est quoi… ça ? » Je me questionne en attrapant un petit sachet transparent entre mes doigts.
« - Je te conseille de pas trop y toucher, Chérie. » La voix de Pénélope résonne dans toute la pièce.
« - Ah… » Je jette vite le bout de plastique. « - Je te conseille de te retrousser les manches ma petite. » Je me tourne vers la belle blonde.
« - Euh… je suis un peu fatiguée… » Elle tente de s’échapper.
« - Tutututuuuu ! N’essaye même pas de fuir, ça ne marchera pas avec moi. Tes parents seront là dans moins de six heures, je te rappelle. » Je ne lui laisse pas vraiment le choix.
La belle aux boucles d’or me rejoint sans trop ronchonner. Pénélope a un visage d’ange, des traits si fins, de beaux yeux bleus, de fines lèvres légèrement pulpeuses. Mon amie porte majoritairement des couleurs pastelles pour mettre son teint de porcelaine en valeur.
« - Est-ce que j’ai vraiment le choix ? » Elle soupire en laissant tomber ses épaules.
« - Tu as encore de la chance que je sois là ! » Je lui rappelle en lui jetant un sac poubelle vide. « - Commence par me jeter toutes ces bouteilles de boissons sucrées et alcoolisées avant que tes parents ne voient ça. » Je lui ordonne. « - Et j’espère pour toi que tu n’as pas ingérer des sucreries. Je ne veux pas me retrouver aux urgences à cause de ton taux de glycémie. » Je la préviens tout en ramassant les contenants vides.
Pénélope sort son téléphone de sa poche pour me montrer son taux de sucre dans le sang de ces dernières vingt-quatre heures. Boucles d’or est diabétique, donc nous faisons très attention avec sa glycémie. Je ne veux pas me retrouver aux urgences comme il y’a deux ans. J’ai vraiment cru qu’elle allait mourir.
Il ne faut jamais laisser une diabétique au cœur brisé toute seule. Elles sont du genre à vouloir en finir sans s’en rendre compte. Je ne veux plus revivre ça, donc je fais très attention à sa glycémie. J’ai vraiment crue que j’allais la perdre.
« - Bon, ne perdons pas plus de temps. » Je lui fais signe de reprendre le ménage.
« - Oui, cheffe ! » Elle s’exécute immédiatement.
Nous reprenons notre ménage tout en parlant de tout et de rien. Les vacances d’été sont bientôt finies. Pénélope va retourner à Célestia, l’internat de la noblesse et des royales. La belle blonde ne sera de retour que pendant les vacances. Je sens que le temps va passer très lentement.
« - Tu n’as pas entendu parler de la nouvelle réforme ? » Me lance ma meilleure amie.
« - Quelle nouvelle réforme ? » Je la questionne n’ayant pas du tout suivi l’actualité ces derniers temps.
« - Cinq jeunes issus du peuple vont être sélectionné lors d’un tirage au sort pour rejoindre l’internat. » Elle m’explique. « - Tu devrais tenter ta chance. » Elle me conseille.
« - Non, loin de moi l’idée de rejoindre ton école. Tout le monde saura que je ne suis pas de la même caste qu’eux. » Je refuse sa proposition. « - Je vais me faire virer au bout de trois heures pour coups et blessures. Tu me connais, je déteste qu’on me regarde de haut. » Je balaye son idée d’un mouvement de main.
« - J’en ai perdu des cheveux le jour où je t’ai regardé de haut. » Pénélope explose de rire en se remémorant ce petit évènement venu du passé.
J’ai toujours eu du mal avec l’autorité. Si ma tante n’était pas appréciée par nos patrons, je serais déjà morte pendue. Les parents de Pénélope ont fermé les yeux sur ce petit incident. Nous sommes vite devenues amie avec boucles d’or. J’avoue qu’au début elle avait très peur de moi, mais après l’avoir défendu de ses harceleurs, nous avons créé un lien assez solide.
« - Mais j’aurais quand même voulu finir mes années à l’internat avec toi. » J’entends ma belle petite blonde chuchoter dans son coin.
« - Quelqu’un te malmène à Célestia ? » Je la questionne d’un ton sérieux.
« - Non… » Elle évite mon regard.
« - Blondie, je ne suis pas juste ta dame de main ou ton amie, je suis aussi ta garde du corps, je te le rappelle. Donc, si quelqu’un s’amuse à te faire du mal, tu me le dis. » Je ne lui laisse pas du tout le choix.
« - C’est juste que… c’est la fille de l’associé de papa et ses copines qui se moquent de mon diabète. » Elle crache enfin le morceau.
« - J’en fais mon affaire personnelle. » Je clôture le sujet.
Nous nous concentrons sur notre ménage tout en essayant d’accélérer le mouvement. Nous sommes à peine qu’au petit salon de la demeure. Il y’en a quatre autres et je ne parle même pas des chambres, des salles d’eaux et encore. Pénélope ne sait pas gérer ses invités.
Quelques heures plus tard…
« - Je ne sens plus mes jambes. » Je me laisse tomber sur le lit de ma meilleure amie.
« - Je ne sens plus mon corps carrément. » Elle renchéri en se laissant tomber à son tour à côté de moi.
Nous fixons son magnifique plafond orné de somptueuses gravures dorées. La fresque se trouvant au-dessus de nous, représente le sacre de la toute première reine des Étoilés, Zolla Étoilé. J’aime beaucoup cette gravure, je ne sais même pas pourquoi. J’ai l’impression qu’elle fait partie un peu de moi.
La reine Zolla était courageuse. Elle ne se laissait pas faire. Elle est celle qui a réuni les royaumes après la guerre de sang. Avant que Solarius soit un royaume paisible et uni, c’était un champ de bataille. Mais notre Reine venue de nulle part a réussi à réconcilier les états, gouvernements et royaumes entre eux.
Elle n’a jamais hésité à prendre les armes quand il l’a fallu. Elle était proche du peuple, elle prenait le temps de résoudre les problèmes de toute personne qui venait à elle. Tout le monde disait d’elle qu’elle avait le cœur sur la main.
« - Avoue, tu te fais toute l’histoire de la reine Zolla dans ta tête en regardant la fresque. » Pénélope me coupe dans ma rêverie.
« - Les cours de M.Sanchez ne veulent pas quitter mes pensées. » Je lui donne raison tout en me redressant. « - Bon, il faut que j’y aille. » Je me lève de son lit.
« - Où est-ce que tu vas ? » Me demande mon amie.
« - Je vais faire quelques courses avant la tombée de la nuit avant de rentrer. » Je lui retourne en me dirigeant vers la porte de la chambre.
« - Oh… Je vois. » Elle semble légèrement déçue par ma réponse. « - J’ai une petite question. » Elle réussi à attirer mon attention.
« - J’ai peut-être une petite réponse. » Je pose ma main sur la poignée de porte.
« - Ton groupe sanguin ? » Elle se contente de me demander.
« - O+, pourquoi ? » Je ne lui fais toujours pas face.
« - Rare sont ceux qui sont du groupe O. » Elle parle à elle-même en n’oubliant que j’attends encore une réponse.
Je n’insiste pas plus et quitte la chambre. Quand elle se met à parler dans son coin, le monde autour d’elle disparait. Je ne vais même pas prendre la peine d’attendre une réponse, car je ne l’aurais pas de sitôt. J’ai bien plus important à faire actuellement.