Comme un amant s’avise tout à coup, avec épouvante, au creux même de ce qu’il appelle son extase, que le corps qu’il presse n’a plus rien à lui livrer de précieux, qu’il est vide et déjà délaissé, ainsi l’abbé Cénabre sentait parfois, et pour un instant, la précarité de son triomphe, l’inanité de sa possession. À de tels moments, le calme où il était tombé ne le rassurait pas assez, l’étonnait plutôt. Se regardant vivre, si pareil à ce qu’il était jadis, prêtre ponctuel, travailleur exact, visitant les mêmes amis, tenant sur toutes choses les mêmes propos, il sentait non pas le remords, mais la méfiance, et qu’une dissimulation si facile pouvait cacher un piège, n’était peut-être qu’une trêve. Il eût désiré ne pas avoir réussi d’emblée, apprendre avec peine et application son nouveau rôle,


