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“Neris et Clem’ m’ont proposé de préparer nos devoirs ensemble et ensuite de jouer à la console... Tu voudrais venir avec nous ?”
“Yeah ! On va leur montrer c’est qui les boss !”
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Chaque mot prend vie, flottant stupidement partout autour de lui. Ils se cognent aux murs et se multiplient sous le choc, et ils deviennent impossibles à ignorer. Ils sont partout où se posent ses yeux, même si en réalité, il n’a même pas l’impression de regarder dans une quelconque direction. Il revoit simplement le sourire dégoutant des deux connards qui lui servent d’amis, eux et leurs glandes si fragiles et sans trace de morsure... Ils vont prendre l’habitude de venir ici, se rapprocher de lui... Ils vont peut-être même dormir là, l’air de rien, juste entre amis.
Et lui ne peut juste rien dire...
- Andréa, ça ne va pas ?
Marianne le regarde avec inquiétude et vient passer sa main sur son front, comme elle l’a toujours fait.
- Oh je le trouve un peu chaud ! Alice, tu veux bien aller me chercher le thermomètre ma chérie ?
- Oui maman !
La gamine descend rapidement de ses jambes et file vers la salle de bain de l’étage. Andréa sent bien tous les regards braqués sur lui, et le seul qui l’insupporte c’est bien le sien ! Ses deux grands iris bleus inquiètent le scrute bien plus que les autres, c’est une certitude... C’est à cet instant qu’il remarque les phéromones de cet abruti qui emmitoufle chaque lettre qui continue de surfer partout dans la pièce. Il pourrait presque dire que ça pue tant elles lui semblent puissantes, lui rendant les mains poisseuses...
- C’est bientôt... Le... Enfin notre cycle...
Il est gêné de l’avouer...
Bah ouais, c’est comme ça ! Il doit bien être emmerdé d’être comme ça enchainé à un c*****d comme lui qui n’est même plus capable de lui parler normalement !
- Oh oui bien sûr. En tout cas, tu devrais peut-être aller te reposer ! Tu peux aller te coucher si tu veux.
Ah ça non, il est hors de question qu’il foute un pied dans cette vieille chambre ! Il n’y a pas été depuis des années et ce n’est pas près de changer !
- Oh oui, attends je vais aller faire le lit !
- Tu as raison trésor, de toute façon tu en auras besoin pour tes amis ! Ah je t’ai pas dis MJ ! Mael a invité des amis ! Ils vont venir passer la journée de dimanche à la maison.
Ouais voilà, il avait raison, ils vont dormir ici ! Et sa tante en semble tellement ravie... Paul rayonne aussi, souriant de fierté vers son fils comme s’il avait remporté un grand prix. Et même ses parents s’y mettent, les voyant tous les deux presque s’exciter comme des ados. C’est un spectacle tellement pitoyable et ça gonfle encore dans sa poitrine et cette fois, Damiel n’est pas présent pour l’aider.
- Nous avons donc proposé de les accueillir pour la nuit, ils pourront toujours se rendre au lycée ensemble le lendemain !
- Oh oui ! Et peut-être que... enfin ce serait vraiment bien qu’Andréa fasse le chemin avec eux...
- Tu te fous de moi ?
Oui, à présent il n’a vraiment rien ! Il est juste soumis à cette folle tension qui lui écrase la poitrine, sentant horriblement sa respiration s’effriter tant les phéromones de son Alpha se sont mises à briller. Mael est si content de cette perspective, impatient de vivre ce moment avec ses “amis”, parfumant tout l’espace d’une odeur qui ne lui convient pas, allant même jusqu’à céder son propre lit...
La ficelle vient de lui échapper des mains, une fois de plus, et c’est parfum qu’il dégage furieusement. L’oméga est furibond, sa vision éclatée de milliard de taches noires et pourpre qui font voler en éclat tout son self contrôle. Il veut recouvrir son Alpha de son parfum, car même s’il lui a arraché des pages de son futur et qu’il déteste s’en vouloir pour ça, ça ne changera pas, Mael est son lié.
- Y a pas un p****n d’univers où c’est possible !
- Andréa ! Tes mots !
- Mais toi d’abord ! Je ne vais pas aller copiner avec ces enfoirés de suceurs ! Et toi...
Ses yeux ne voient que lui ! Son Alpha et toutes les souillures sombres qui effacent le présent. Ils s’implantent durement dans ses iris, lui balançant ses hormones à la tronche, bien plus v*****t que s’il lui avait vidé un seau d’eau glacé. Il faut qu’il comprenne les choses, il faut qu’il sache qu’il n’en peut plus et qu’il doit arrêter ce cinéma.
- Tu ne peux pas t’empêcher de me faire vivre de la m***e ! Comme ci j’avais que ça a faire de penser à quel branleur s’accroche à toi ! Reste à ta place en silence et fous-moi la paix, juste lâche-moi avec tes conneries. De toute façon ça va pas durer ces histoires et tu le sais, pas la peine de croire que t’es devenu intéressant p****n !
Il hurle presque sa diatribe, vomissant chaque mot avec un dégout visible à des kilomètres. Il ne peut rien retenir, aucune syllabe ne semble trop forte pour ne pas lui être jetée de la sorte. Il reste abasourdi par la persuasion qu’il a tout mérité, alors sa langue se délie, ne soulageant pourtant rien de ce que son ventre brule.
Puis les pleurs d’Alice deviennent plus fort que sa voix et il retombe dans le présent, remarquant la scène improbable qu’il vient de gâcher. C’est l’anniversaire de sa petite soeur et il vient clairement de tout foutre en l’air ! La gamine bafouille des mots décousus, tout aussi paumée que les autres apparemment. Paul réagit cependant, allant récupérer sa fille pour tenter de l’apaiser. Mais ca reste insupportable et Andréa ne sait absolument pas quoi faire !
Tout retombe, sa colère qui s’est transformée en sueur froide, perlant partout dans son dos pour lui filer la chair de poule. L’épuisement le frappe et il ne comprend pas comment il peut avoir une telle sensation de fatigue alors qu’il était si bourré de ressentit putride.
Il faut qu’il parte, là tout de suite, il ne supporte pas la situation.
Ni les larmes qui roulent doucement sur les joues de Mael.
- Tu me dégoutes...
Il se dédie complètement ses mots, mais il sait parfaitement que personne ne le comprendra de la sorte ! Qu’importe de toute façon, il mérite qu’on le maudisse pour tout ce qu’il a fait !
Andréa cherche une porte de sortie et pense simplement à partir en claquant la porte. C’est ce qu’il devrait faire, mais ses pieds ne bougent pas. Son corps entier le retient sur place, et il n’arrive même plus à penser. Les taches d’ombre deviennent encore plus grandes, s’épaississant bien trop pour qu’il oublie complètement là où il est. Et c’est tant mieux, ainsi il ne voit plus sa tante mortifiée, la main plaquée sur sa bouche et complètement chamboulée. Les regards de ses parents, affreusement choqués, ne sachant même pas ce qu’il est possible de dire. Ni même le visage presque tuméfié par la peine de son petit frère, tout autant impacté par la situation qu’il a provoquée.
Il est terriblement pitoyable !
- C’est entre lui et moi ! Ne vous en mêlez pas.
Il sait très bien que c’est Mael qui parle, bien qu’il ne comprend pas ce qu’il cherche à faire. Sans doute le protéger, juste parce que c’est son foutu devoir d’Alpha et qu’il doit lui obéir... Il ne voit plus que lui à présent, et il le voit simplement se rapproché, foutrement stupide parce qu’en plus, il chiale toujours ! Pourtant, il ne proteste pas quand l’adolescent le cale dans son dos, le soulevant trop facilement alors qu’il est plus petit que lui. Mael ne dit plus rien, répondant aux besoins de son lié comme s’il le lui avait hurler dans les oreilles.
Alors il sort de la fête, les sentiments en bouillis et les hormones d’Andréa qui viennent lui l****r les nerfs. Ah !
Logiquement, en tant que marqué, leur cycle sont automatiquement accordés et réglés avec exactitude, pourtant là elles sont bel et bien là, bien plus tôt que ça ne devrait. Ca n’arrive que dans des situations assez complexes ou un lié se sent extrêmement mal et menacé et ça, Mael le sait. Andréa est pesant dans son dos, juste complètement coupé et vaseux. Le contre coup est puissant et bien qu’il ne soit pas totalement dans les vapes, il est incapable de réagir à présent.
Donc il le ramène chez lui, c’est ce qu’il doit faire ! L’Alpha répond allégrement aux phéromones de son Oméga, parce qu’il ne peut pas s’en empêcher, mais il ne fait rien. Il aimerait tellement pouvoir s’expliquer avec Andréa et rester avec lui juste là. Mais c’est impossible et il le sait. Son instinct continu de siffler férocement une chanson interdite qui lui dit qu’il doit s’éloigner. Il pose donc son fardeau sur son lit, s’assurant de le couvrir malgré tout. Et même quand Andréa marmonne une suite de mots incompréhensible, il n’a pas besoin de comprendre. Il retire sa veste et la parfume allégrement de son odeur avant de la lui laisser,son Oméga a juste besoin de ça pour le moment, il le devine tellement naturellement.
Ensuite il fuit lui aussi, retournant dans sa chambre et relâche enfin toute la misère qu’il tenait fermement enchainée... Ce cycle là promet d’être particulièrement épuisant...
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Prochain chapitre : Les mots avec les poings
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