5. Le clou du spectacle[Part 1]

1620 Mots
— Ça ne va pas Andréa ? — Nan ça va pas ! — Ouais tu es tout pâle vieux ! Si tu dois vomir, pitié le fait pas sur moi !  Oh son voisin n’avait pas à s’en faire, s’il voulait recracher son petit-déjeuner, il irait sans conteste sur le p’tit c*n qui semble bien trop content de faire rire son Alphaà lui! Bordel, il était prévu qu’ils passent la journée sur place, il ne veut vraiment pas avoir ça sous le nez tout du long... - J’avais vraiment hâte aujourd’hui, j’adore les trucs de dino ! - Han han... Damiel est son ami depuis la maternelle. Il est aussi assez proche de Mael, bien qu’il ne fait plus que le saluer depuis les soucis du primaire. En tous cas, son ami n’a jamais fait d’allusion sur eux et ça doit bien être le seul. Et même quand Andréa tire une tronche de quatre pieds de long, il ne fait jamais aucun commentaire ni sous-entendu. Même maintenant, alors qu’il bouillonne et grogne d’un air furieux, son bon ami ne pipe mot, faisant mine d’ignorant le pourquoi du comment. Pourtant ça parait évident, le jeune Oméga a les yeux rivés sur son lié. Il ne le lâche pas des yeux, réprimant encore et encore son envie de... De quoi au juste ? En réalité, il ne le sait pas vraiment, mais est-ce important quand juste là,Mael rit avec un autre gars... - Tu veux changer de place avec moi ? Damiel est habile, cherchant simplement à soustraire ce désolant spectacle de sa vue. Le jeune homme déglutit, parce qu’il ne sait pas trop à quoi se raccrocher de suite et qu’il n’a pas envie de s’en prendre à son pote juste parce qu’il est furieux. Il arrive à se détacher de ça, pour accorder un vague signe de tête à son ami bien trop gentil, et pour la première fois, il sait qu’il a l’air pitoyable sans pour autant se sentir gêné. Ouais, sans doute avec lui, il peut, mais juste un peu ! - Nan, j’pourrais pas. Juste au cas où, mais ! ... Mais - Attends ! J’ai une idée... Il tire son téléphone et ses airpods et en tends un a Andréa, déverrouillant le portable pour aller sur son application de musique. - Vas-y, fais-moi écouter un truc que tu joues à tes cours de trompette là ! - Du violon trou d’uc ! Je me mets au violon ! - Ouais, si tu le dis ! Mais grâce à cet imbécile, il passe le reste du trajet la tête occupée ! Les efforts sont payants, il descend du transport bien plus détendu... Et peut-être même que cette journée ne sera pas si terrible. Mais c’est un sentiment de courte durée quand un détail lui fusille diamétralement les dernières cordes de self-contrôle. Il ne faut rien de plus pour rallumer la mèche, quand l’un des deux amisde Mael se pends subitement à son bras, ça le claque. Mais les choses deviennent complétement folle quand il remarque l’intruse bien trop permissif se tends, laissant voir l’une de ses glandes briller comme un phare en pleine nuit... Ils sont à un âge ou les premiers symptômes de sous-genre ne sont pas encore apparus pour la plupart ! Ils ont beau posséder deux glandes sous les oreilles, ils ne savent pas s’ils sont Alpha ou Oméga, sauf dans le cas des filles ! Puisqu’il n’y a jamais eu d’Alpha femme avant, on les considère directement Oméga... Quoiqu’il en soit, pour l’instant, ce ne sont que deux organes silencieux dont ils ont à peine conscience ! Les cas comme Mael et Andréa sont rares, ils ont compris leur sous-genre parce que tout va en accéléré. Alors les connards qui s’amusent sous son nez avec ce qui lui appartient, peut-être qu’ils n’ont pas d’arrière-pensée... Mais dans le fond, Andréa s’en fiche ! Bordel il s’en fout si fort, serrant juste les poings à la simple possibilité qu’un seul d’entre eux soit un p****n d’Oméga ! Ou que justement ce soit une demoiselle aux manières plus qu’indésirable... - Putain... - Andréa, attends ! Et il sait qu’il fait un pas devant, Damiel lui barrant le passage par réflexe, s’attirant les pupilles noires furieuses de son vieux copain. Seulement, ce simple geste permet justement à Andréa de se rattraper in extremis, récupérant du bout des doigts la ficelle qui le retient douloureusement. Il bloque sa respiration, fixant un moment son camarade qui le fixe en silence, comme pour l’aider à se reprendre. Et ça marche, l’Oméga remonte doucement la pente, pouvant finalement déplier ses mains... Il ne regarde pas derrière, il ne peut pas ! Il sait par contre que Mael ne peut pas ignorer ses phéromones qui suintent malheureusement. Elles laissent tout échapper de ce qu’il aurait préféré planqué sous le tapis, mais il n’y peut rien, c’est comme ça depuis toujours. Alors son cœur sursaute quand il entend son Alpha réagir enfin, admettant qu’il se sent mal à l’aise ainsi. L’ingénue s’excuse en rigolant, promettant de ne plus recommencer seulement si Mael lui promet de les inviter jouez à la console chez lui... Putain de bordel de merde... - Allez, calme-toi ! Pense aux dinos !! Damiel a raison, il doit ignorer... Il ne sait pas trop pourquoi justement aujourd’hui, tout double de sens à ses yeux, mais c’est ainsi. En tout cas il supporte comme il peut cette longue journée, tellement heureux lorsqu’ils sont répartis en plusieurs petits groupes et qu’ils sont séparés... Même si parfois, il sent son odeur tout proche, il tient bon et enfin, la visite se termine. Qu’ils aillent pourrir quelque part, là où il n’a pas à ressentir tout ça. C’est un soulagement quand il franchit la porte de la maison, soupirant largement. C’était un désastre... Mais fort heureusement, il avait tenu. Et le jeune homme s’était réfugié directement dans son antre, s’endormant même trop facilement. Lorsqu’Arthur est venu le réveiller, lui précisant qu’ils allaient bientôt partir pour l’anniversaire d’Alice, il se sentait plus calme. Même s’il n’a pas spécialement envie de le revoir après tout ça, ici au moins il a l’habitude ! Il sait comment gérer la situation et il n’a qu’a suivre les lignes déjà tracées. De plus il est or de question de manquer une occasion de serrer sa soeur dans ses bras, Andréa ne résiste pas à la bouille de la fillette. Donc il acquiesce, grognant vaguement un merci à son cadet. Lui aussi il l’adore, mais il n’arrive pas vraiment à le lui montrer. Ça serait sympa de l’inviter, l’air de rien, à faire une partie avec lui. Mais dès qu’il se lance, il entend la même chose : il a déjà planifié une soirée avec Mael ! Bien entendu, son petit frère l’invite à son tour, précisant qu’il adorerait une aprèm avec ses deux grands frères. Mais c’est peine perdue, il n’en a pas envie. Dans tous les cas, la soirée d’Alice est parfaite ! Une petite fête est prévue avec quelques amies de la gamine le lendemain même, laissant Marianne un peu stressée. La mère de famille n’a jamais organisé ce genre de festivité et elle panique un peu, plus que sa fille ! Alors pendant une bonne partie de la soirée, MJ et elles échangent à ce sujet, laissant leurs pères se lancer sur de vieilles anecdotes de bureau qu’ils se sont pourtant déjà raconté. Alice s’est directement installée sur les genoux du jeune Oméga, et il en profite pour la bichonner. Ça ne lui ressemble pas, c’est ce qu’on pourrait dire ! Mais la petiote à toujours sur faire sourire son palpitant, faisant craquer le mur de son orgueil. Donc il supporte ses caprices, lui caressant la tête en la félicitant pour ses sept ans. Et alors qu’elle se lance dans un long monologue, lui racontant son interminable aventure du jour, il se perd dans ses pensées. Il regarde sans les voir les deux glandes de la petite, qui s’agite toujours sur lui. Aujourd’hui, ça le trouble un peu, un jour Alice tombera amoureuse ! Elle va continuer de grandir, laissant ses longs cheveux aussi blonds que ceux de Mael, lui balayer le bas des reins, et elle fera des ravages ! Sa petite soeur lui semble trop adorable alors c’est indéniable, ça arrivera... Puis ses phéromones se lieront doucement et lentement avec celle d’un Alpha. Forcément, ce n’est pas “obligatoire” c’est devenu assez courant que des couples se forment sans prendre en compte le sous-genre ! Mais pour autant Andréa imagine tout de même que l’enfant passera par là. Normalement c’est comme ça ! Pas par caprice comme il en a fait à l’époque, à cause de lui, Mael ne pourra jamais connaître tout ça... Il lance un coup d’oeil sur le principal concerné qui discute avec Arthur sans le remarquer. C’est comme d’habitude de toute façon et encore une fois c’est de sa faute à lui. Il a orchestré chaque ligne de toute cette m***e ! - Grand frère ? Alice a arrêté de parler il y a un moment, mais il n’y a pas forcément fait attention. Cependant il se secoue mentalement, il est vraiment trop bizarre depuis ce matin ! Donc il s’excuse vers le petit ange qui fait la moue de voir qu’il ne l’a même pas écouté. Mais il entend les conversations qui se passent tout autour de lui, et pour une raison étrange, celle de son cadet et de son Alpha devient bien plus claire d’un coup. Comme si on s’était amusé à augmenter fortement le son, tournant le bouton à fond, et le son à commencer à grésiller. Trop fort, juste insupportable !
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