Crépuscule *** 65 J’ignorais pourquoi j’étais retourné à la boutique des Giovanni. Il était deux heures du matin, le froid me glaçait le sang, et j’étais certain de trouver porte close. En réalité, je crois que je voulais simplement faire savoir au vieux Giovanni que son travail avait abouti, presque cinquante ans plus tôt, dans la pénombre de son atelier d’artisan. Dans la poche de ma veste, je pouvais sentir le contact lisse et froid du cédérom sur lequel j’avais regroupé l’ensemble de mes travaux, en y incluant mes derniers résultats. Jamais, je crois, je ne m’étais senti aussi nerveux à l’idée de détenir de telles informations. Même mon esprit, encore emprunt de ce qu’il venait d’apprendre, peinait à en saisir la pleine mesure. Trois heures plus tôt, je pénétrai « en Enfer », en c


