VIIIEn rentrant dans son appartement, Elfrida appela Katarina et lui dit : – Je vais sortir un peu. Prépare-toi pour m’accompagner. – À pied, mademoiselle ? – Oui, j’ai besoin de marcher... de prendre l’air. J’y étais si habituée, là-bas ! Le beau visage se contracta, à l’évocation des années écoulées, pendant lesquelles Elfrida Norsten avait vécu près du meilleur des pères. Katarina jeta sur sa jeune maîtresse un coup d’œil anxieux. Elle lui trouvait une nervosité inaccoutumée, une plus grande tristesse dans le regard... Avec un soupir, la Suédoise pensa : « Il faudra bien du temps avant qu’elle se remette de la mort du pauvre monsieur et du chagrin de l’avoir laissé là-bas ! » Une demi-heure plus tard, Elfrida se trouvait prête. Son grand voile de deuil retombait sur son visage, ce


