Lâchement, je m’entends répondre aux pauvres accompagnateurs : – Vous allez voir, ils vont vite comprendre l’inanité de leur projet, ils vont revenir d’un moment à l’autre ! Croyez-moi ! Allez-vous reposer un peu, ajoutai-je, en me dirigeant vers ma chambre, résolu à n’en dire mot à Brit. Je la retrouve assise à la même place. Un léger sourire vient éclairer son visage grave à mon entrée. Elle se lève doucement sans un mot, s’approche de moi et pose tendrement la tête sur ma poitrine. Je n’ose ni bouger, ni la repousser. Cet abandon, comment dois-je l’interpréter ? Suis-je le rocher auquel on s’accroche, évitant la noyade ? Un rocher si glissant en vérité. Je ne suis que passivité et trahison. Mon épaule gauche encore douloureuse après notre chute, me rappelle ce qui vient de se passer.


