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Quand les vacances tournent au cauchemar...

AFP, 18 juin : "GRAVE ÉPIDÉMIE VIRALE AU MEXIQUE - DES CENTAINES DE MORTS - TOUS LES AÉROPORTS FERMÉS".

Le docteur Paul Thuiller et sa femme Hélène, virologue réputée, rentrent des États-Unis. Dans l'avion qui les ramène en Europe, deux passagers s'écroulent, asphyxiés par une fulgurante affection respiratoire. Paul est appelé au chevet des malades. Ils portent tous les deux les signes d'une grave infection virale… Le médecin convainc le commandant d'atterrir en urgence, contraint de se poser en Islande, sur une piste trop petite… Malades, blessés et morts sont mis en quarantaine. Tandis que les décès se multiplient, la radio informe la population que les aéroports internationaux ferment les uns après les autres…

Un thriller apocalyptique à la fois angoissant et captivant !

EXTRAIT

La Peste. Quel sens donner à ce mot qui rappelle les horreurs moyenâgeuses, les crécelles, les séances de flagellation, les charniers à l’entrée des villes et des villages, la panique généralisée, l’ambiance de fin du monde et un clergé vengeur, attribuant ce cataclysme à la non-rémission des péchés de chacun. Un effluve « miasmatique », pénétrant, incontournable, irréversible, « pestilentiel », où se mêlent l’odeur salubre du bois brûlé et celle, épouvantable, de la chair humaine en décomposition, où seul le feu peut tenter d’effacer les suintements purulo-sanglants de ces corps entassés, amassés dans des fosses communes creusées à la pelle par des hommes épouvantés et peut-être déjà, eux-mêmes atteints.

CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE

L’intrigue de ce thriller au parfum d’apocalypse virale est d’actualité. – Ouest France

À PROPOS DE L’AUTEUR

Philippe Le Douarec est chirurgien, fellow of the American College of Surgeons.

Il enseigne l’histoire de la médecine et l’anatomie. Il connaît bien l’Islande, qu’il a traversée du nord au sud… en courant.

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À saint Sébastien, À saint Roch, À saint Charles Borromée Tous les saints protecteurs de notre vieille ennemie… la Peste VENDREDI 10 SEPTEMBRE 2010PRISONNIERS DU CIELDERNIER JOUR DE NOS VACANCES EN FLORIDE. Encore une fois, je profite de ce moment magique, le lever de soleil sur la mer immobile, comme apaisée, qui s’étale aux pieds de l’appartement. Je me glisse sur la terrasse dominant l’océan, refermant doucement la baie vitrée de la chambre où Hélène dort encore. Une douce chaleur, un peu moite m’enveloppe. Les reflets irisés du ciel, les silhouettes fuyantes, fantasmagoriques, des nuages me transportent. Puis la déchirure rougeoyante de l’horizon annonce l’irruption brutale du soleil. La mer est de la fête, passant, dans l’instant, d’un bleu de Prusse à un bleu cobalt. Ce bonheur fugace ne parvient pas, cependant, à atténuer ma déception : ces vacances sont un échec. Des mois que j’attendais, que nous attendions, Hélène et moi, un peu de répit dans notre vie trépidante, découlant de l’activité, ô combien passionnante, de mon épouse. Six ans déjà qu’Hélène, virologue spécialisée dans la génétique « inverse1 », est ma femme. L’an passé, nous devions fêter notre cinquième anniversaire de mariage à Boca Raton, cet endroit très protégé de la côte floridienne. Mais l’actualité anéantit notre projet de vacances. Nous étions fin avril, le 28, quand, deux jours après notre arrivée, Hélène fut rappelée à Cambridge par son laboratoire. L’explosion virale au Mexique imposait sa présence en Angleterre. Quant à moi, jeune mari et fidèle compagnon, je n’avais qu’à taire ma colère et ravaler ma contrariété devant ce gâchis. Les quinze jours de bonheur prévus, effacés, reportés aux calendes grecques. Sans compter que loin de chagriner Hélène, cette brutale pandémie l’excitait au point d’en oublier les vacances et toutes les résolutions que nous avions prises. Le soir même, nous avions trouvé deux places sur un vol transatlantique. Je pouvais déjà m’estimer heureux de faire partie du voyage de retour. Vacances manquées en mai 2009. Aucun répit depuis, le virus étant prioritaire. Qu’il soit H1N1 ou H5N1, même combat, Hélène était sur le pont, et je n’avais qu’à obtempérer. L’hiver qui suivit, je ne l’ai pratiquement pas vue. Rappelée sans cesse à Bâle par Roche dont elle dépendait, elle passa son hiver dans l’avion, participant à des réunions continuelles, soit pour revoir les modalités du futur vaccin, soit pour contrer l’hostilité de plus en plus agressive des médias, envers les laboratoires et leur lobbying. N’avait-on pas amplifié de manière déraisonnable les risques de la pandémie du virus H1N1 ? Les laboratoires, en difficulté après l’effondrement économique lié aux sub-primes, n’avaient-ils pas accentué leur pression sur les gouvernements pour profiter de l’aubaine, fabriquer et vendre larga manu des l****s de vaccins dits « pré-pandémiques », des tonnes de masques ? Hélène se retrouvait au centre de ce maelström, relais incontournable entre Roche et les pays anglo-saxons. Elle me prenait à partie sur ses altercations quasi quotidiennes avec son supérieur hiérarchique qui lui imposait de noircir au maximum le tableau, à savoir son rapport d’expertise sur la pandémie de grippe A H1N1. Il fallait faire peur aux gouvernements, les contraindre à l’attitude la plus prudente, selon le traditionnel « principe de précaution » attitude, induisant bien entendu les meilleurs profits pour son employeur. Dès que j’évoquais le sujet, Hélène, agacée, m’envoyait promener : – Enfin, Paul, tu n’y connais rien ! L’hiver passa ainsi, quelques dizaines de morts tout au plus, patients souvent atteints de différentes pathologies dont le virus n’était que le facteur de trop. Les laboratoires avaient eu le temps de se frotter les mains et d’entrevoir des jours radieux. Si je calcule bien, je n’ai eu droit durant ces six derniers mois, qu’à deux week-ends entiers avec ma femme. À commencer par un réveillon de Noël triste et pluvieux, aux thermes de Saint-Malo, entamé par une sévère prise de bec avec Hélène au sujet de mon désir de… procréation. – Écoute Paul, ce n’est pas le moment, je suis trop occupée. Quant au second week-end, il fut encore plus pénible, plus froid et plus pluvieux… Bâle, triste ville et fief de Roche, me rappelait les pérégrinations d’un médecin jadis adulé, puis honni et rejeté… Paracelse ! Hélène, fatiguée, refusa même une journée de ski. Insidieusement, la lassitude me gagnait, en même temps qu’un besoin maladif de soleil et de chaleur. Aussi, ces vacances, constituant une rupture dans notre rythme infernal, me paraissaient indispensables. Elles devaient nous permettre de faire le point, de réfléchir à l’avenir de notre couple. Malgré la réticence d’Hélène, j’avais réussi à imposer la Floride et, par défi sans doute, les mêmes conditions de vacances que l’année précédente, puisque les Weinstein, nous laissaient de nouveau à disposition leur sublime appartement. Quoiqu’il advienne, cette fois, nous serions aux abonnés absents quinze jours durant. Intuitivement, je réalisais que ces deux semaines de repos, de réflexion et d’isolement devaient aboutir pour notre couple au maintien ou à la rupture. J’avais choisi encore une fois Boca Raton, car cet endroit convenait en tout point à notre art de vivre, un lieu confortable au soleil, loin de la foule, un parc magnifique où je comptais bien entraîner Hélène chaque matin, avant un bain réparateur dans les vagues chaudes de l’océan. Le jogging matinal n’était-il pas le moment idéal pour parler du seul sujet qui m’importait alors, l’avenir de notre ménage à trois, si je puis dire : Hélène, moi et… le virus. En fait, ces vacances furent un fiasco. Jamais je n’ai trouvé le courage d’entreprendre Hélène sur… notre avenir, notre couple. J’ai été en dessous de tout. Oh, ce fut parfait : sport à volonté, longues heures de lecture, soirées tranquilles avec une Hélène reposée. Pas de virus à l’horizon, pas d’amis importuns, mais rien concernant notre avenir à deux. En somme, notre couple se résumait à la cohabitation de deux êtres, sans symbiose, sans communion réelle. Une dernière fois, je chausse mes Asics, j’enfile mon short pour ma course matinale pendant qu’Hélène prépare nos bagages pour notre retour en Europe. J’ai absolument besoin de cette dernière course, de cet effort physique. Puis-je ainsi cacher ma veulerie, ma lâcheté ? Avec un fond de tristesse, je foule une dernière fois ces chemins affectionnés, tracés dans une pseudo-forêt tropicale. Le mulsh qui les recouvre leur donne une souplesse, une douceur aux pieds que, de ma longue carrière de marathonien, je n’ai rencontrées qu’à Helsinki, en foulant la piste d’aiguilles de pins dans les bois qui jouxtent le stade Olympique. Dans la touffeur matinale du mois de septembre floridien, j’apprécie ce lieu, certes un peu artificiel, mais où la nature protégée me livre quotidiennement ses charmes, dans la solitude la plus totale, si ce n’est une faune variée. Par exemple, des écureuils bondissants, moins farouches que leurs fauves cousins européens, ou encore un raton laveur farfouillant le sentier devant moi. Parfois des hérons cendrés au port hiératique, indifférents à ma course, posément installés au bord de la mangrove, ou des pélicans majestueux s’élevant d’un vol lourd en formation d’escadrille. Plus exceptionnellement, la trace d’un alligator égaré imprimée dans le sable de l’inter-coastal, large canal d’eau de mer bordant notre chapelet d’îles. Enfin, moins agréable, la présence d’un long serpent noir, se chauffant au soleil au milieu du chemin, tout en surveillant le petit lézard dont il fera dans quelques secondes, son repas du jour ! Cette énième course, cette heure de réflexion, je ne la manquerais pour rien au monde, je la savoure avant de retrouver demain les brumes anglaises. Je me sens affûté, fit comme ils disent ici, ayant perdu mes quelques livres superflues. Troublé par l’incertitude de notre avenir, je ne peux m’empêcher de repenser à ces dernières années. Converti sur le tard à la virologie, j’ai suivi Hélène en Angleterre, où je prépare actuellement un livre sur l’histoire du virus H5N1. Après un internat, puis un clinicat en chirurgie et une carrière a priori toute tracée de chirurgien, l’arrivée d’Hélène a bouleversé mes plans. Faute de proposition intéressante dans le système sclérosé parisien, elle a accepté un poste passionnant à Cambridge. Après quelques mois d’incertitude, d’hésitation, j’ai pris la décision de la rejoindre et… de l’épouser. Il faut dire que l’évolution de mon métier de chirurgien, avec ses contraintes administratives de plus en plus lourdes, avec la « collectivisation » à outrance de la responsabilité et de la prise de décision de l’acte chirurgical, ne correspondait plus à mon tempérament, sans doute trop individualiste. Les charmes d’Hélène firent le reste. Installés provisoirement dans un ravissant cottage à dix minutes de nos bureaux, dans cette merveilleuse campagne anglaise, je suis devenu progressivement, un bon connaisseur de l’influenza dont je n’avais auparavant aucune connaissance sérieuse quant à son pouvoir de nuisance. Hélène flattée, à la fois heureuse, et surprise par mon choix un peu surprenant de quitter la France et la chirurgie, me servit de guide et de mentor pour ce nouveau départ, dans ce monde anglo-saxon si éloigné de mon univers parisien. Mon adaptation fut aisée et les collègues d’Hélène, d’origines très variées, m’accueillirent avec chaleur. La simplicité des relations, la décontraction, l’humilité des scientifiques de son entourage me rassurèrent très vite dans mon choix. N’ayant pas de difficultés majeures avec la langue, j’ai progressé rapidement et suis devenu plus un historien de la maladie virale qu’un véritable chercheur. Mon travail était en quelque sorte complémentaire de celui d’Hélène, cette entente faisant toujours l’étonnement de nos collègues dont les relations maritales – ou extra-maritales – étaient souvent chaotiques. Nous étions bien intégrés à la communauté scientifique de Cambridge. Une fois de retour en Europe, après une conférence à Monaco lors d’un symposium vétérinaire sur le virus H5N1, nous envisagions de partir quelques années à l’hôpital universitaire John Hopkins de Baltimore, où le laboratoire de virologie nous proposait une situation alléchante. Il faut dire que le John Hopkins est un peu La Mecque de la virologie, ou du moins, un des lieux mythiques où tout débuta, depuis sa création en 1917. Après un bain exquis dans ces eaux chaudes, j’admire une dernière fois cette plage sans fin qui fait à la fois le charme et la monotonie de la côte floridienne. Puis je rejoins Hélène pour notre dernier déjeuner avant le départ. Déjà 10 heures ! Manifestement en retard, Hélène s’affaire et tente tant bien que mal de ranger mes affaires dans la valise : quelques shorts et chemises, deux pantalons, plus quelques bouquins. – Toujours la même chose ! Monsieur court pendant que madame s’occupe de tout ! Soupesant un de mes livres, Les Bienveillantes de Littell, Hélène ajoute : – Tu es venu à bout de ce pavé ? Chapeau ! – En fait, le côté historique du bouquin m’intéressait. Cela dit, Littell a fait de son héros, le docteur Aue, cultivé et mélomane, un torturé de l’arrière-train ! – Ah ! Je vois, un drame historique et du s**e pervers, tous les ingrédients pour obtenir un prix ! En somme, rien de nouveau sous le soleil. – Si tu veux. – Tu as raison, Chou, tu as toujours raison d’ailleurs. Va vite prendre ta douche, donne-moi tes affaires de course, que je les lave vite fait. Notre avion était prévu à Fort Lauderdale vers 13 heures, avec escale à Philadelphie. Nous étions satisfaits d’éviter l’encombrement de l’aéroport voisin de Miami. J’avais encore en travers de la gorge le coût de mon billet de retour en catastrophe l’an passé, que le laboratoire d’Hélène refusa de me rembourser. – Nous reviendrons c’est promis, dis-je d’un ton neutre à Hélène, en terminant saucisses, scramble-eggs, et pancakes arrosés de sirop d’érable. J’admire une dernière fois l’éblouissant spectacle qui se déroule à nos pieds. Depuis la terrasse, écoutant le bruit assourdissant des vagues qui semblent saluer notre départ, je réalise à quel point, depuis ma rencontre avec Hélène, ma situation n’est pas une réussite. Ma bifurcation scientifique tout d’abord, puis notre installation en Angleterre, enfin, l’orientation nouvelle de notre carrière avec un séjour programmé aux États-Unis, tout cela me perturbe et m’inquiète. Tandis que je courais ce matin, chaque vague s’écrasant sur le rivage semblait me répéter indéfiniment « Paul, es-tu content de ton sort ? Es-tu réellement heureux ? ». Luttant contre ce flot lancinant de pensées, je sentais cependant mon inconscient de plus en plus perturbé. Cette musique inhabituelle peu à peu, érodait, fissurait ma résistance, ouvrait des pans entiers dans ma muraille mentale. Je refusais de voir la réalité en face, c’est-à-dire l’échec de notre couple. Les vacances que j’avais tant réclamées, s’achevaient dans la morosité. En fait je n’avais rien osé. Aucune réflexion sérieuse durant ces quinze jours sur notre couple, sur ma déception profonde de ne plus être chirurgien, sur ma lassitude de vivre dans un monde anglo-saxon. Mon amour pour Hélène s’effritait. J’avais beau me convaincre que nous formions une belle équipe, je n’y croyais plus. Lassitude du couple, passant la quarantaine, sans enfant, égoïsme masculin, égoïsme partagé ? Déception personnelle de ne vivre « qu’à moitié », pseudo-scientifique vivant dans l’ombre d’Hélène, une sorte de prince consort en somme. Après tout, peut-être que pour elle, tout va bien. Ma tiédeur, mon insatisfaction, mon rejet progressif de ce maudit virus et tout ce qui s’ensuit, les conférences, les voyages, les articles, les interviews, je ne supporte plus tout cela. Ce combat perpétuel ne me distrait plus. Dans ces réunions incessantes, je ne vois que propos répétitifs, ronronnements perpétuels de conférenciers, claironnant les dangers que nous courons, partageant leurs découvertes de laboratoire, passionnés à l’évidence par ce virus et sa mutation. Hélène fait partie de ce monde, pas moi. J’ai cru pouvoir en être, mais non. Si l’histoire du virus m’a amusé un temps, ce n’est plus le cas. Serait-ce tout simplement un amour en fin de course ? Ces vacances, sur lesquelles j’avais fondé tant d’espoirs, n’avaient apporté aucun changement. Loin de l’univers de la virologie, Hélène semblait s’ennuyer. Elle partageait mes courses, mon art de vivre, mes idées sur beaucoup de sujets. Aucun nuage entre nous, une entente physique parfaite, mais plus d’étincelle ! La bougie est en train de s’éteindre. Ces trente minutes de voiture jusqu’à l’aéroport s’écoulent dans un profond silence. L’un comme l’autre noyés dans nos pensées. À quoi ressemblent les siennes ? Ce break de quinze jours n’a manifestement rien arrangé. Hélène est une énigme pour moi. Elle est belle certes, mais n’a qu’une passion, son virus ! Son ignoble H1 ou H5N1. Et moi dans tout cela ? Suis-je la pièce rapportée ? Le faire-valoir ? Pour ses beaux yeux, j’ai tout abandonné, Paris, la chirurgie, la France. J’essaye de rejeter au loin ces sombres pensées, mais elles reviennent, persistantes. Hélène est-elle consciente de mes états d’âme ? Son ton, son langage, son comportement à mon égard ne changent pas. Elle ne semble pas voir ma mauvaise humeur, mon insatisfaction, mon rejet progressif de ce maudit virus et tout ce qu’il entraîne. Tout ce tapage qui entoure ce combat perpétuel contre ce serial killer d’un genre nouveau, ne me distrait plus. Après quinze jours de mer et de soleil, je réalise que je vais avoir à l’affronter à nouveau. Bref, ce virus me pèse. Tiens, pour commencer, Monaco la semaine prochaine. La énième conférence sur le sujet, ne débouchant sur rien de tangible. Peut-être encore une fois, Hélène va-t-elle m’annoncer un changement de programme de dernière heure. Par exemple, la découverte d’un nouveau foyer de grippe en Ouzbékistan, aviaire ou porcine, aviaire plus probablement, avec quelques décès dans la population locale, et son obligation d’aller immédiatement sur place pour en savoir plus. Désolée, chéri, je ne peux pas rentrer avec toi. Je suis las, éreinté, détruit par ce ballet incessant. Si je pouvais l’étrangler, ce virus. À la maison, chaque appel téléphonique, nocturne la plupart du temps, est pour Hélène. Un correspondant lointain annonce un détail nouveau sur l’évolution de la maladie et, Hélène se lève, va prendre des notes, passe de longues minutes sur son ordinateur et m’oublie sur-le-champ. De guerre lasse, il m’arrive, excédé, de décrocher le téléphone. Jalousie, c’est cela, je suis jaloux du virus. Dans le fond, je n’ai rien à lui reprocher, elle aime son boulot et elle fait tout pour m’être agréable. Patiente, fidèle, bonne maîtresse de maison, presque docile, tant que le virus n’est pas en cause. Quand c’est le cas, là, c’est le cauchemar. Excitée, intransigeante, agressive, dominatrice, plus rien ne compte. À dire vrai, je n’existe plus. Tristesse de fin de vacances, cela explique sans doute cet accès inhabituel de « déprime ». Me tournant vers Hélène qui s’affaire auprès de nos bagages, j’admire sa silhouette. Cependant, tandis qu’elle s’agite à mes côtés, son genu valgum accentué me chagrine. Elle court en canard, cela m’agace. Elle n’a pas la foulée féline et souple de… Nancy, ma première femme. Lamentable, cette pensée, j’ai presque honte. Décidément, je ne suis jamais content. Sans aller jusqu’à dire « Dis-moi comment elle court, je te dirai qui elle est », c’est fou l’importance que je peux donner à la foulée féminine. Nous arrivons à l’aéroport en temps voulu pour notre vol. Nous sommes le vendredi 10 septembre 2010. 1. Génétique inverse : mise au point d’un germe associant un virus provenant de cas humains et un virus de laboratoire. À partir de ce virus non pathogène, on peut produire des vaccins expérimentaux.

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