13 heures

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13 heuresVOL UNITED FORT-LAUDERDALE – PHILADELPHIE AVANT LE DÉPART, j’ai pris bien soin de laisser un mot aux Weinstein, nos si sympathiques hôtes, les invitant le 14 juillet prochain à passer quelques jours avec nous en France. Les formalités sont vite réglées dans cet immense aéroport où l’on ne retrouve, comme prévu, ni la pression, ni la foule du Miami International Airport voisin. Dans l’avion, je me saisis distraitement du Sun Sentinel pour lire les derniers potins de la côte. Maigre butin, il faut dire que nous sommes en basse saison actuellement en Floride. La situation est toujours délicate entre les îles Caraïbes et la côte américaine. Encore un canot surchargé d’Haïtiens transis, miraculeusement retrouvé par les garde-côtes au large. L’article évoque une carcasse de douze mètres de long transportant soixante-dix adultes et douze enfants, lesquels auront survécu à ce douloureux voyage et pour cette fois, ne serviront pas de repas aux requins, toujours en chasse. L’Amérique fait toujours rêver, du moins en Haïti et à Cuba ! Par ailleurs, le Nasdaq est en baisse de même que les bourses européennes. Madoff est déjà oublié. Au Moyen-Orient, la situation est stationnaire, pour employer un terme météorologique. Statu quo crispant entre Palestine et Israël, avec une b***e de Gaza toujours soumise à la lutte permanente entre clans rivaux, se disputant la manne onusienne et européenne. Un long article en revanche, me trouble un peu dans les pages locales : « Disparition sur les quais : trois touristes d’origine chinoise ont disparu au petit matin, alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer pour une croisière sur le Sovereign of the Seas ». Le journaliste évoque un éventuel règlement de comptes entre triades. Ces trois Chinois, deux hommes et une femme, arrivés la veille en Floride en provenance de Los Angeles, envisageaient un séjour d’une semaine au Costa Rica après leur croisière. Le Costa Rica me rappelait de délicieux souvenirs. Il semble toujours aussi attractif, même pour les Chinois. Ce petit pays surnommé avec une certaine justesse, la Suisse de l’Amérique Centrale, nous avait accueillis Hélène et moi pour notre voyage de noces. Avec nostalgie, je repensais aux grands moments de notre voyage de jeunes amoureux, aux plages désertes de Montezuma, aux eaux chaudes du « Tabaccon » au pied du volcan Arenal. Ironiquement, je me souvenais de notre déception d’avoir manqué la vision du volcan en éruption à la nuit tombante, tant le brouillard était épais. Bercé par le ronronnement des réacteurs et transporté par ces images de plages costaricaines, je m’assoupis. Je sens la main d’Hélène dans la mienne. Serait-ce un appel ? Comment traduire cette pression, ce contact ? Comme toujours, le courage me manque pour approfondir. Nous avions deux semaines pour évacuer ce malaise et nous en sommes au même point, échec total. Hélène plongée depuis le début du vol dans un rapport sur la mutation virale, établi par des scientifiques russes dont les conclusions ne semblent pas lui convenir, fait ses commentaires à haute voix à intervalles plus ou moins réguliers. L’un comme l’autre, nous tombons dans un état de torpeur plus ou moins profond. Nous sommes réveillés par les consignes de la chef hôtesse à l’atterrissage, nous entamons notre descente sur Philadelphie.
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