Petit-Couronne, octobre 1952La part des anges Simon Wiesel, quand il faisait ses tournées, chantait toujours les mêmes refrains en arpentant les couloirs de l’hôpital. Ses patients l’entendaient arriver de loin, sur l’air de la Traviata le matin, de Rigoletto le midi et de Carmen le soir. Le dimanche au réfectoire, entre potage aux légumes et jambon beurre il faisait valoir ses droits de chef de service en infligeant au personnel et aux patients un extrait des Noces de Figaro où il interprétait le rôle du comte Almariva. — Cela fait partie de ma thérapie ! aimait-il rappeler. Il est vrai que le professeur Wiesel avait traité avec succès des dépressifs chroniques au moyen d’une méthode pour le moins surprenante. En entrant dans leur chambre, avant toute prescription, il enlevait sa blous


