Limousin, 1942-1944La belle, la brute et le corbeau Jean et Rachel devaient une fière chandelle à Ernest Balpeau. Dès août 1942, cet homme avenant et généreux, résistant de la première heure dans le groupe de Guingouin, n’avait pas hésité à les accueillir dans un petit pavillon de chasse se trouvant au fond de sa propriété. Les deux jeunes gens étaient recommandés par son ami Yvon Blanchard, le chef de la Résistance en Pays de Caux. Ernest ne s’était pas posé de questions. Jean et Rachel donnaient un coup de main aux ouvriers agricoles pour dédommager Ernest de ses frais. Par sécurité, le fermier les avait présentés au voisinage comme des cousins réfugiés, simplets handicapés par une lourde hérédité, incapables de se débrouiller seuls au Havre, ville quotidiennement bombardée. Ils passer


