Le Havre, 17 août 1952, 8hLa musette aux secrets Généreusement doté par dame nature d’un patrimoine génétique exceptionnel, l’inspecteur Lucien Porto ne comptait pas un seul jour d’arrêt maladie depuis qu’il faisait partie de la grande maison. Exposé aux frimas du maquis normand de 1942 à 1944, il avait traversé tous les hivers, mitraillette à la main, sans attraper le moindre rhume. De dos, rien ne le distinguait d’une armoire normande. C’est peut-être par jalousie que le sous-préfet de police, un malingre à la virilité défaillante, taillé comme un lampadaire art déco, lui refusait toute promotion. Certes Lucien avait ses failles. Au fil des années, il était devenu du genre à vérifier dix fois s’il avait bien fermé le gaz. Ce manque d’assurance avait une origine précise. La scène se déro


