Étretat, mai 1942Carnage champêtre Depuis qu’il vivait sous le même toit que Rachel, à une dizaine de kilomètres d’Étretat, Jean Langlois devenait nerveux. Ses cauchemars, peuplés de femmes fardées en colère, de bateaux rouillés et de cercueils flottants se multipliaient. La proximité de la jeune femme le perturbait de plus en plus. Il ne pouvait s’empêcher de poser sur son jeune corps un regard qui trahissait ses sentiments. Il ne tentait pas de la séduire, s’évertuant à ne pas être trop collant, à maintenir cette relation de confiance si particulière qui existait entre eux. Jamais Rachel ne lui laissait espérer une relation intime, elle le traitait comme un frère. De temps en temps, elle prenait sa moto et disparaissait Dieu sait où, au point que Jean, se demandait si elle n’avait pas u


