Une fois à l’église, je me suis assise pour suivre la réunion. C’était plutôt bien, je
m’y sentais chez moi. Tout le monde était gentil, ils m’ont tous souri à mon
arrivée.
Il y avait Jérôme, mon camarade de classe, un mec noir d’environ vingt ans, qui
avait l’air très responsable.
Une jeune femme, plutôt simple et naturelle, était là aussi.
Mais celui qui a retenu mon attention, c’était Monsieur Je-sais-tout.
Il reprochait aux gens d’être païens, comme si lui-même était un saint. N’importe
quoi !
Il prêchait l’Évangile, waouh, Monsieur le Pape !
Il me regardait tout le temps. Il était grand, très mince et noir… tout ce que je
n’aime pas.
Je sentais déjà qu’on n’allait pas s’entendre !
Quand on rentrait après la rencontre, il m’a abordée et m’a présenté ses
condoléances.
Wouhh, les nouvelles vont vite ici !
Il m’a dit qu’il connaissait mon père — ça ne me surprenait pas, il allait autant à
l’église que lui.
On a bavardé sur la route. Il était plutôt sympa, mais toujours aussi vantard.
Il a pris mon numéro de téléphone et m’a dit qu’il prierait pour le repos de l’âme
de ma mère.Franchement, ça m’a fait très plaisir. C’était la seule chose que je pouvais encore
faire pour elle.
Et on s’est séparés.
À part son arrogance, c’était plutôt quelqu’un de bien… ou plutôt, il avait l’air
d’être quelqu’un de bien.