Chapitre 7 — L’amour, l’illusion et la perte

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La date des examens approchait, mais cela ne me dérangeait pas du tout. Au contraire, je ne lisais aucun de mes cours. J’étais tout le temps en train de penser à ma mère. Puis j’ai reçu l’appel de Monsieur Je-sais-tout. Léon : Bonjour, comment tu vas ? Mélissa : Comme d’habitude, assez bien. Léon : On peut se voir, si tu veux, pour ce que tu sais. Il me proposait de le retrouver pour prier pour ma mère, comme convenu. Mélissa : Okay, je n’avais rien à faire. Léon : Cool, retrouve-moi devant chez toi. Mélissa : Quoi !? Je me suis précipitée dehors pour voir s’il disait vrai… et il disait vrai. Décidément, tout le monde me connaissait ici. J’ai mis une robe simple et je suis sortie. Il m’attendait à l’extérieur avec un petit cadeau — du chocolat, trop bon ! On a marché jusqu’à chez lui. Il vivait avec sa grand-mère, qu’il m’a présentée. Ensuite, nous sommes allés dans sa chambre… Ne faites pas cette tête ! C’était pour prier. Il recevait ses invités dans sa chambre — bizarre, non ? Mais il y avait comme un petit salon : une table, quelques chaises, bien disposées. C’était assez chaleureux. On a prié, puis eu une longue conversation à propos de tout et de rien. Il évitait de parler de ma famille pour ne pas que je pense à ma mère. De son côté, par contre, il m’a présenté toute sa famille. On a bu du vin aussi (ne cherchez pas à savoir lequel, je n’ai pas vérifié). Le soir venu, il m’a raccompagnée chez moi avant le retour de mon père. J’avais passé une très belle soirée. Des semaines sont passées, et je me rapprochais de plus en plus de Léon. Puis un jour, il m’a invitée chez lui, après les examens de fin d’année. Quand je suis arrivée, la chambre avait changé : il y avait une photo de nous deux sur un des murs, entourée de cœurs et de carrés — une belle déco. Il était assis sur le lit et m’observait regarder chaque recoin de la pièce. Il m’a invitée à m’asseoir, et on s’est mis à discuter. Au bout d’un moment, j’étais la seule à parler. Il m’observait silencieusement, sans rien dire. Mélissa : Pourquoi tu me regardes comme ça ? Il a commencé à toucher sa bouche comme s’il y avait une saleté. Mélissa : Quoi ? Il y a quelque chose sur ma bouche ?... Où ? Ici ? Là ? Et avant que je ne m’en rende compte, ses lèvres touchaient les miennes. Au début, j’ai voulu le repousser — il n’avait pas demandé mon avis — mais… Vous savez ce qu’on dit : c’est vrai, on ne dit rien ! C’est comme ça que s’est passé mon premier rendez-vous… avec un b****r passionné. Ah ! Qui l’aurait cru, moi, en couple ! Je n’ai rien dit à Célia. Honnêtement, je ne voulais pas qu’elle sache que j’avais grandi. Le temps passait, et je m’ouvrais aux autres grâce à Léon. On se voyait au moins une fois par semaine. Et à chaque rendez-vous, il essayait de coucher avec moi. J’étais jeune et naïve, j’ignorais totalement ce que perdre ma virginité allait entraîner. Donc je me laissais aller. Des mois sont passés, et j’ai eu l’entrée en terminale. Malgré le décès de maman, j’avais la force de me battre pour avoir mon BAC. J’ai donc mis une pause à ma petite relation. Mélissa : Je voudrais me concentrer sur mes études pour le moment. Léon : C’est tout à fait normal, trésor… mais tu sais, tu avais promis qu’on le ferait avant la rentrée. Mélissa : Oui, je sais, mais on peut attendre un peu. Rien ne presse. Pendant les prochaines vacances, je te donnerai ce que tu veux. Léon : Tu dis toujours ça ! Tu me l’avais promis, mais tu refuses encore de me donner ta virginité. Tu sais bien qu’on va se marier, donc ça ne sert plus à rien d’attendre. Mélissa : Mais entre-temps, il y a le BAC ! Léon : Et alors ? Tu peux passer le BAC et me donner ce que je veux. Je ne l’avais jamais vu comme ça. On aurait dit que ma virginité avait plus d’importance que mon BAC pour lui. Mais je me suis dit que c’était normal, et j’ai fini par accepter. A l’école tout le monde disait qu’il vaut mieux le faire après le mariage j’étais 100% d’accord mais lorsque Léon me touchait je ne me rappelais plus de tout ça on aurait dit une sorte de lavage de cerveau. Et un beau jour, c’est enfin arrivé… Je lui ai donné, dans sa chambre, ce qu’il voulait tant. La première fois n’était pas aussi merveilleuse que je l’imaginais. Au contraire : c’était nul. Je ne ressentais aucun plaisir, j’avais plutôt très mal. Je me suis demandé comment les gens pouvaient aimer ça. C’était horrible ! Léon, lui, était satisfait. On aurait dit qu’il avait gagné un prix. Mais moi, j’étais heureuse d’avoir donné à l’homme de ma vie ce qu’il voulait.
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