Casanova : « tu crois ? Non, il y a autre chose. Souviens-toi de ce qu’elle a dit, elle est
venue vérifier la raison pour laquelle la porte était ouverte. Logiquement, si le loup-garou
était encore en vie, Alexandra aurait passé un sale quart d’heure. Donc à ce moment, il devait
être mort. Ce qui signifie que le meurtrier a dû se cacher à l’intérieur de la cellule pour
pouvoir surprendre Alexandra. Nul doute qu’elle serait surement morte si elle avait pu
identifier le meurtrier. C’est justement sur cette carte que le coupable a décidé de s’appuyer
pour faire d’elle la coupable idéale. »
Stonecold : « je comprends, inspecteur. Mais ce type qui a été tué était quand même
difficile à battre, même pour nous deux, vous vous souvenez ? »
Casanova : « justement, j’ai également une hypothèse là-dessus. Celui qui a fait ça a
également des connaissances dans le domaine de la magie »
Stonecold : « pour battre un être de magie, quoi de mieux que d’user de magie.
Combattre le feu par le feu. C’est très ingénieux »
Casanova : « pas tant que ça. Maintenant, la véritable difficulté c’est de prouver que la
balle trouvée dans la tête du mort ne correspond pas à nos balles usuelles. Puis, il faudra
absolument chercher comment on a réussi à abattre un type qui était presque insensible aux
balles »
Stonecold : « le légiste a déjà donné tout ce qu’il avait au commissaire. De ce côté,
tout est perdu »
Casanova (en train de réfléchir) : « non ! Tu vas retourner chez le docteur. Demande-
lui de faire une représentation de la forme de la balle en se servant de la zone pénétrée par
celle-ci. Il peut utiliser de la pâte à modeler ou… bref demande-lui, il saura comment faire »
stonecold : « j’y vais »
Casanova : « dis-lui que c’est classé comme confidentiel »
Casanova est sur le point de retourner à son bureau lorsqu’il entend une voix l’appeler
dans la cellule d’à côté, c’est Gerda.
Casanova : « qu’est-ce vous me voulez »
Gerda : « vous avez de bonnes capacités d’analyse, vous savez?»
Casanova : « merci, mais je n’ai pas besoin de vos compliments »
Gerda : « je sais que nous ne sommes pas amis. Mais je voudrais vous faire
comprendre une chose importante : la magie que j’utilise a un opposé, et celui qui détient
l’opposé de cette magie appartient forcément à l’ordre de l’aurore dorée »
Casanova (en train de réfléchir) : « bien reçu ! Mais je dois vous laisser »
Gerda : « je vous tuerai dès que je sortirai d’ici. »
Casanova (sortant de l’aile d’isolement) : « et moi je vous tuerai dès que vous sortirez
d’ici ».
Stonecold demande au médecin de matérialiser la forme de la balle en se servant de
l’impact comme moule. Le médecin parvient à faire ressortir la morphologie de la balle.
Pendant ce temps, Rabi Aba monte un dossier dans son bureau dans le but de faire venir la
brigade des enquêtes internes. Une fois cela fait, il se dirige vers l’hôpital du commissariat.
Rabi Aba : « docteur ! Est-ce que vous avez du nouveau pour moi ? »
Docteur : « l’agent Stonecold a demandé que je lui fasse une matérialisation de la forme
de la balle »
Rabi Aba : « et vous l’avez fait ? »
Docteur : « il est sorti avec le papier il y a quelques minutes »
Rabi Aba : « ces agents qui jouent à un double jeu. De toutes manières, on verra ce qui
arrivera. Merci docteur »
Le commissaire retourna dans son bureau et demanda par téléphone aux services des enquêtes internes
de raccourcir leur venue de deux jours, requête qui fut acceptée. Une fois la nuit tombée,
Erdogan, Ursula et Zedicus encerclent le bâtiment du commissariat. A l’intérieur, Rabi Aba est
en train de se disputer avec Stonecold et Casanova.
Rabi Aba (furieux) : « qu’est-ce que ça veut dire ? Agent Stonecold ? Inspecteur
Casanova ? Vous faites des coups en douce pour cacher des preuves sur l’enquête concernant
le commandant Bayles »
Stonecold : « je ne vois pas de quoi vous parlez, commissaire. J’ai pleinement le droit
d’enquêter puisque techniquement c’est un agent de ce commissariat. Vrai ou faux ? »
Rabi Aba : « vous devez me tenir informé de tout ce qui se rattache à cette affaire. Ce
n’est pas un agent de n’importe quel grade »
Casanova : « et pourquoi semblez-vous enclin à l’inculper plutôt qu’à enquêter ? »
Rabi Aba : « je vous demande pardon ? Ai-je des comptes à vous rendre ? Je suis votre
supérieur, il me semble. Vous faites ce que je vous demande. »
Stonecold : « vous avez l’air un peu trop impliqué pour une affaire impliquant les enquêtes internes »
Casanova : « ou alors il est impliqué, lui aussi »
Rabi Aba : « faites attention à ce que vous dites, inspecteur ».
La tension montait de plus en plus et la discussion attira l’attention des autres agents du
commissariat. A cet instant, toutes les lumières du bâtiment s’éteignirent, les plongeant dans
l’obscurité. Puis, Erdogan et Ursula entrèrent dans le bâtiment. Ursula fit apparaitre des boules
de feu, la petite source de lumière émise par celles-ci permet aux policiers de se rendre compte
qu’ils sont attaqués. Ursula lança les boules de feu dans leur direction, Casanova et Stonecold
font tomber leurs bureaux et les utilisent comme boucliers. Rabi Aba, qui trouve dans cette
invasion une occasion de terminer sa mission, se dirige discrètement vers les cellules
d’isolement.
Deux agents prennent leur courage à deux mains et se mettent à tirer sur les Arcanes,
mais Erdogan étend sa main : les balles dirigées vers lui se retournent et foncent tout droit vers
les deux agents qui se font ainsi transpercer par leurs propres balles.
Ursula : « nous sommes ici pour les prisonniers qui se trouvent dans cet endroit. Nous
voulons les récupérer. »
Casanova et Stonecold utilisent une table comme bouclier commun et foncent sur leurs
agresseurs, Erdogan les arrête dans leur élan et, d’un geste de la main, les propulse au fond de
la salle.
A l’extérieur, Zédicus est positionné à l’entrée comme un gardien. Soudain, une pierre
vient lui heurter la tête, ce qui le fait tomber. Lorsqu’il se relève, il reçoit à nouveau un coup de
poing de la part de Lindsay. Zédicus se relève encore, puis il attaque Lindsay, les deux
adversaires échangent une série de coups. Ensuite, Zédicus parvient à sortir une épée de son
fourreau. Il attaque directement l’adolescente qui réussit à parer ses assauts avec ses bras, ce
qui surprend assez Zédicus. L’Arcane décide de modifier son épée : elle s’allonge, puis une
brume noire l’enveloppe. Lindsay comprend que la magie de son adversaire a atteint un autre niveau. Au premier assaut sous cette forme, l’épée la blesse et la blessure parvient à cicatriser
mais très lentement.
Pendant qu’ils se battent à l’extérieur, Yanou en profite pour pénétrer dans l’enceinte
du commissariat. Rabi Aba arrive à l’aile des cellules d’isolement, puis devant la cellule de
Gerda. Il l’ouvre et reçoit aussitôt un tabouret en pleine face. Puis, Gerda utilise son pouvoir de
télékinésie pour l’envoyer valser contre le mur. Elle cherche ensuite à s’enfuir, mais Rabi Aba lui tire
une balle dans la jambe gauche. Puis, il se relève et avance lentement vers elle. Il lui montre
son amulette, celle-ci se met à briller au fur et à mesure qu’il s’approche, affaiblissant de plus
en plus l'Arcane III. Dans l’autre salle, Yanou réussit à battre Ursula à tel point qu’elle s’évanouit. Surpris par la démonstration du jeune adolescent, Erdogan
prend peur et disparait, emmenant Ursula avec lui.
Casanova, ayant entendu le coup de feu retentir à l’étage du dessus, se dépêche d’aller
voir.
Yanou (se dirigeant vers la sortie) : « maintenant vous pouvez vous débrouiller, je dois
y aller »
Stonecold : « je te remercie pour ton aide. Je ne sais pas ce que vous êtes devenus après
votre mystérieuse disparition de ce centre, mais nous vous sommes reconnaissants »
Yanou (continuant de marcher) : « vous feriez mieux d’aller aider l’inspecteur, il a
besoin de vous »
Dans l’aile d’isolement, Rabi Aba est sur le point de tirer sur Gerda lorsqu’il est
interrompu par Casanova qui pointe son arme aussi sur lui.
Rabi Aba : « vous n’avez rien à faire là, inspecteur »
Casanova : « posez votre arme, commissaire »
Gerda (agonisant) : « aidez-moi, il va me tuer »
Rabi Aba (frappant Gerda à la tête) : « ferme-la, espèce de sorcière »
Casanova (se rapprochant petit à petit) : « posez votre arme, c’est la dernière fois que je vous le demande »
Rabi Aba : « il y a des choses qui dépassent votre entendement, inspecteur »
Le commissaire récite une incantation et lance son amulette en direction de Casanova.
Ce dernier essaie de se mettre à l’abri mais en vain, l’amulette émet une lumière aveuglante qui
éblouit Gerda et l’inspecteur, y compris Stonecold qui arrivait à toutes jambes. Puis, Rabi Aba
tire une balle dans la tête de Gerda et s’enfuit en empruntant les escaliers qui mènent au toit du
bâtiment. L’effet de la lumière s’estompe, Casanova constate avec amertume que Gerda a été
tuée, il se lance à la poursuite du commissaire, suivi par Stonecold.
A l’extérieur, Zédicus s’avère un adversaire très difficile à battre. Lindsay n’arrive plus
à lui porter des coups, car ses bras ne semblent pas invulnérables face aux attaques de son
adversaire. Yanou arrive en renfort. Zédicus, en voyant le garçon arriver, augmente l’opacité
de la brume qui entoure son épée.
Yanou (utilisant ses facultés visuelles) : « je crois qu’on aura du mal face à celui-là. Son épée représente un véritable problème.
Prépares-toi pour une dernière attaque, Lindsay. Tu vas lui mettre ton poing sur son ventre de
toutes tes forces. »
Lindsay : « qu’est-ce que tu prévois de faire ? »
Yanou : « tu vas voir. En revanche, ne te loupe pas »
Lindsay (concentrant son énergie) : « d’accord. Je te fais confiance »
Zédicus lance un assaut rapide contre les adolescents, Yanou le regarde attentivement.
Puis, au moment où l’Arcane VII est sur le point d’embrocher Yanou avec sa lame, le jeune
garçon esquive légèrement l’attaque de telle sorte que l’épée transperce son épaule gauche, puis il la bloque.
Zédicus
n’arrive plus à contrôler son épée, la brume qui enveloppait celle-ci a disparu. Ne pouvant plus
retirer son arme, Zédicus la lâche dans l’épaule de Yanou qui parvient quand même à le
surprendre avec un coup de tête. Ce coup servit suffisamment de diversion pour permettre à
Lindsay de se précipiter sur Zédicus afin de lui asséner un coup de poing surpuissant au ventre.
Zédicus effectue un vol plané suite à l’impact et atterrit à quelques mètres. Il se relève en
recrachant du sang. Yanou, mortellement blessé, s’effondre mais il est rattrapé par Lindsay.
Zédicus (retombant sur ses genoux) : « vous n’êtes pas des enfants normaux, vous…
vous êtes les enfants de la prophétie. Je n’arrive pas à croire que c’est vous. Mon maître sera
ravi de le savoir »
Pour toute réponse, Lindsay déposa le corps de Yanou par terre, puis s’approcha
lentement de l’Arcane VII.
Lindsay (armant son poing gauche) : « je vais te faire recracher tous tes organes »
Zédicus eut juste le temps de disparaitre avant que Lindsay ne soit assez proche pour
l’attaquer. Elle se précipite vers Yanou qui perd déjà beaucoup de sang.
Yanou (souriant et agonisant) : « tu vois ? Mon plan a encore fonctionné »
Lindsay (inquiète) : « espèce de cinglé à la vue perçante ! Tu t’es mis en danger comme
ça, tu comptes me laisser seule ou quoi ? »
Lindsay parvient à retirer l’épée de Zédicus. Cette dernière disparait aussitôt qu’elle est
retirée du corps de Yanou. Lindsay pose ses mains sur son ami et se met à le soigner. Mais un
problème se pose, Yanou continue de saigner abondamment. Lindsay se met à paniquer, elle a
peur que ses pouvoirs ne suffisent plus. Yanou, avant de perdre connaissance, parvient à lui
chuchoter quelque chose : « observe la nature et laisse la te venir en aide ».
Elle regarde autour
d’elle, puis aperçoit un arbre plein de branches et de feuilles vertes non loin du parking du commissariat. Elle porte Yanou jusqu’à
cet arbre, puis touche l’arbre d’une main, l’autre main posée sur le corps de Yanou. Il se produit
alors quelque chose : les deux mains de Lindsay se mettent à briller, ce qui ne manque pas de
ravir la jeune fille.
Sur le toit du commissariat, le commissaire Rabi Aba se retrouve face à Casanova.
Chacun d’entre eux pointe son arme sur l’autre.
Casanova : « vous êtes un meurtrier et vous pratiquez de la magie. Ça fait de vous le
coupable du meurtre pour lequel Alexandra est accusée »
Rabi Aba : « vous ne savez pas ce que vous dites. Nous sommes en mission. Ces sorciers
méritent la mort. Ils ne sont les amis de personne, ces mages »
Casanova : « mais le commandant Bayles n’avait rien à voir là-dedans »
Rabi Aba : « vous croyez que j’ai eu le choix. Elle n’avait pas à être là. J’ai dû
improviser »
Casanova : « mon œil ! Maintenant vous êtes fier de vous ? »
Rabi Aba : « ne m’obligez pas à vous descendre, inspecteur. Laissez-moi m’en aller. »
Stonecold (surgissant à l’improviste) : « ça ne risque pas »
Stonecold tire sur la cuisse droite du commissaire. Casanova, surpris par l’intervention de son
ami, fait preuve d’inattention pour lui demander de se mettre à l'abri. Rabi Aba saisit cette occasion pour diriger son
arme vers l’inspecteur. Lorsque Casanova se rend compte de son erreur, il est trop tard ; il reçoit
deux balles en pleine poitrine. Puis, Stonecold parvient à désarmer le commissaire en lui tirant
sur la main, mais son chargeur se vide par la même occasion. Rabi Aba tombe et essaie de se relever pour s’enfuir. Stonecold se précipite vers
Casanova, agonisant. L’inspecteur, dans un dernier effort, lui glisse la dague de Gerda.
Rabi
Aba parvient à se relever mais Stonecold arrive à toute vitesse, le poignarde dans le dos et le
pousse dans le vide. Lorsqu’il revient vers Casanova, ce dernier a déjà les yeux fermés. Il essaie
de réfléchir, aucune idée ne lui vient en tête. Il a beau chercher, il ne parvient pas à trouver de
solution pour son ami. Il est sur le point d’abandonner lorsqu’il se souvient de ce que lui avait
dit Casanova à l’hôpital : « il a vraiment essayé de me parler comme il pouvait, ce Georges.
Lorsqu’il m’a empoigné dans la salle d’interrogatoire, il a laissé cette capsule dans la poche
de mon veston. J’ai senti quelque chose entrer dans ma poche, ensuite lorsqu’il est sorti, j’ai
essayé de le suivre quelques minutes plus tard pour lui demander ce que c’était. Mais c’était
trop tard ».
Il se met alors à fouiller rapidement le veston de Casanova. Après quelques secondes, il
retrouve la capsule d’injection qu’il introduit immédiatement dans la poitrine de l’inspecteur.
(«si c'est ce à quoi je pense, il y a encore une chance pour le ramener»), se dit-il en lui-même.
Puis, il s’assoit et attend, plein d’espoir. Après trente minutes, Stonecold regarde toujours le
corps de Casanova, espérant le voir se réveiller d’une minute à l’autre. Stonecold continue
d’attendre, si bien qu’il s’assoupit près du corps de l’inspecteur. A l’extérieur, Lindsay a réussi
à guérir Yanou. Celui-ci se réveille quelques secondes plus tard, pour le grand plaisir de Lindsay.
Lindsay : « ah ! Enfin ! »
Yanou : « j’ai bien cru que j’allais mourir »
Lindsay : « ne me refais plus jamais un coup pareil. Je n’accepterai plus que tu te mettes
en danger comme ça »
Yanou : « mais, on a pourtant réussi à le battre non ? »
Lindsay : « est-ce que tu as entendu ce que je viens de dire ? »
Yanou : « bon, bon, d’accord. Ça va. Pas la peine d’être aussi menaçante »
Lindsay : « ces sorciers s’avèrent de plus en plus puissants »
Yanou : « je crois qu’on doit prévenir El. Apparemment, nous sommes des cibles. »
Lindsay : « tu penses à ce que ce type a dit sur le fait qu’on est les enfants de la
prophétie ? »
Yanou (regardant les bras de Lindsay) : « ton pouvoir a baissé. Mais il se régénère petit
à petit. D’ici quelques jours, tu seras au top »
Lindsay (regardant ses mains) : « je me suis sentie de plus en plus faible au fur et à
mesure que le combat perdurait. Sa lame réussissait à me blesser, chose qui n’était jamais
arrivée depuis que j’ai ce pouvoir »
Yanou : « tu es entrée en contact avec une magie opposée à la tienne peut-être. On
demandera conseil à El »
Lindsay : « c’était assez bizarre. Heureusement qu’il y avait cet arbre. Qu’aurais-je dit
à El si je n’avais pas réussi à… »
Yanou : « ne pense pas à ça. C’est en se confrontant à ces sorciers que j’ai compris
pourquoi El nous entraînait durement dans la forêt. Nous sommes censés être capables de les
affronter. »
C’est ainsi que les deux adolescents reprennent la route pour la forêt qui se trouve hors
de la ville. Une heure après, Stonecold se réveille en sursaut et regarde autour de lui. Le corps
de Casanova a disparu. Stonecold se lève brusquement et redescend par les escaliers menant à
l’aile d’isolement. Puis, il arrive à la salle du rez-de-chaussée. Quelqu’un le touche à l’épaule
par derrière, c’est Casanova. Stonecold, en le voyant debout et bien vivant, se met à verser
quelques larmes...