– Tiens-toi tranquille, répétait sa mère, lorsqu’elle le voyait malade d’incertitude. Nous n’en sommes pas encore à ne savoir où prendre quelques billets de mille francs. Madame Chanteau mûrissait un projet. Après l’avoir surprise, l’idée d’un mariage entre Lazare et Pauline lui semblait convenable. Il n’y avait, en somme, que neuf années entre eux, différence acceptée tous les jours. Cela n’arrangeait-il pas les choses ? Lazare désormais travaillerait pour sa femme, il ne se tourmenterait plus de sa dette, il emprunterait même à Pauline la somme dont il avait besoin. Au fond de madame Chanteau, confusément, s’agitait bien un scrupule, la crainte d’une catastrophe finale, la ruine de leur pupille. Seulement, elle écartait ce dénouement impossible : – est-ce que Lazare n’avait pas du génie


