Un soir, Pauline rentra de la cour, en criant : – Le boulanger !... On lui doit trois jours, deux francs quatre-vingt-cinq. Madame Chanteau se fouilla. – Il faut que je monte, murmura-t-elle. – Reste donc, reprit la jeune fille étourdiment, je vais monter, moi... Où est ta monnaie ? – Non, non, tu ne trouverais pas... C’est quelque part... La tante balbutiait, et toutes deux échangèrent le muet regard qui les faisait pâlir. Il y eut une hésitation pénible, puis madame Chanteau monta, toute froide d’une rage contenue, ayant la sensation nette que sa pupille savait où elle allait prendre les deux francs quatre-vingt-cinq. Aussi pourquoi lui avait-elle si souvent montré l’argent dormant dans le tiroir ? Son ancienne probité bavarde l’exaspérait, cette petite devait la suivre en imaginat


