Pendant près d’une semaine encore, la gêne continua. Lazare, qui n’osait interroger Pauline, ne s’expliquait toujours pas ce qu’il considérait comme un singulier coup de tête ; car la pensée d’un sacrifice possible, d’un choix offert simplement et grandement, ne lui venait point. Lui-même, dans les désirs qui ravageaient son oisiveté, n’avait jamais songé à épouser Louise. Aussi, depuis qu’ils se retrouvaient ensemble tous les trois, en résultait-il une situation fausse, dont ils souffraient. Ils avaient des silences embarrassés, certaines phrases restaient à moitié sur leurs lèvres, par crainte d’une allusion involontaire. Pauline, surprise de ce résultat imprévu, était obligée d’exagérer ses rires, pour retourner à la belle insouciance d’autrefois. Mais elle eut d’abord une joie profonde


