Prologue

416 Mots
PrologueJe suis terré dans le noir, recroquevillé entre le buffet et le mur. Seul un fin rai de lumière où scintillent des poussières folles se faufile par le cadre mal ajusté de la porte d’entrée. La chaleur est accablante. L’air me brûle les poumons, malgré tous mes efforts pour retenir mon souffle. Le soleil tape au-dehors, faisant de ma cabane une étuve. Mais pour rien au monde je n’ouvrirai cette porte… plutôt crever ! De nouveau des coups sur le battant en bois… « Il » veut entrer. C’est la fin ! Voilà que je délire, à présent. J’entends crier mon nom. Impossible ! « Il » ne parle pas. Il ne peut pas parler ! Ça se saurait. J’appuie mes deux mains sur les oreilles, il faut que cela cesse, mes nerfs sont à bout. Dans un fracas qu’une tonne de cotons dans les oreilles ne pourrait masquer, le jour se rue dans ma demeure, saturant simultanément la vue et l’ouïe. « Il » a fracassé ma porte, je suis à sa merci. La tête entre les mains, blottie entre mes genoux serrés, les yeux fermés, et pourtant tous sens aux aguets, j’attends le coup fatal. Mais c’est une voix humaine qui frappe mes tympans au travers de mes paumes. — Jack. Qu’est-ce que tu fous, nom d’un chien ? Pourquoi ne réponds-tu pas ? Je lève enfin les yeux, mais totalement aveuglé par la luminosité soudaine, c’est au timbre familier de leurs voix que j’identifie les deux visiteurs qui échangent de brefs propos à mon sujet : Le shérif et son adjoint. Ma dernière heure n’a donc pas encore sonné. … Une demi-heure de palabres. Ils m’ont filé une serviette humide pour me rafraîchir, m’ont servi deux cafés. L’adjoint Rick a même partagé son casse-croûte avec moi. Ils sont gentils, ils me rassurent, mais ils sont bien là pour me faire des ennuis. Des ennuis que je considère comme du pain bénit s’ils me sortent d’ici sain et sauf. Andrew, le shérif me scrute depuis 5 minutes, ses yeux rivés dans les miens, un pied sur une chaise, les deux pouces posés sur sa ceinture. Il veut des réponses. — Alors, Jack ? Tu te remets ? On peut y aller ? Tu sais pourquoi nous sommes là, je suppose ? — Peut-être ! Je ne sais pas. Ce sont là mes premiers mots depuis deux jours. — Il va falloir tout nous expliquer en détail, Jack. Tu es dans de sales draps. Comment as-tu pu faire ça ? Je pousse un long soupir, preuve que je respire encore. Tout raconter, oui, c’est la seule issue. Je préfère mille fois être condamné par la justice implacable des hommes, plutôt que de subir cette malédiction indescriptible. — D’accord, Sherif. Je vous raconte tout depuis le début. Mais accrochez-vous, c’est un véritable film… d’horreur.
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