J’avais souvent entendu dire que le meilleur remède contre cette maladie était le sommeil ; comme c’était le seul qui fut à ma disposition, je m’enfonçai la tête entre les mains et, de toutes mes forces, je tâchai de m’endormir. Assez longtemps ce fut inutilement ; le lit n’était pas doux. Si encore j’avais eu la précaution de garnir ma prison d’un peu de paille ! mon cœur suivait les mouvements du navire, se soulevant, s’affaissant avec lui ; mais enfin l’assoupissement me gagna. Combien de temps je dormis, je n’en sais rien, car, la lumière ne pénétrant pas dans ma boîte, j’étais plongé dans une obscurité absolue qui ne me permettait pas de savoir s’il était jour ou nuit ; seulement, au silence qui régnait sur le bâtiment, je compris que nous devions être dans la nuit ; je n’entendais


