DECOUVERTE
Meg est née le 1er Avril 1981 dans une petite ville du sud de la France. Issue d’une famille d’ouvriers, sa mère se retrouve rapidement seule et sans le sou pour élever sa fille car le père de celle-ci, un homme voilent et porté sur la boisson ne compte pas prendre ses responsabilités concernant sa famille. Moïra, la mère de Meg, n’a d’autre choix que de retourner vivre chez ses parents afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa fille.
Meg est un bébé né chétif et tout l’acharnement de sa grand-mère Jane afin qu’elle prenne du poids et grandisse sera nécessaire.
Les mois passent et l’enfant grandit paisiblement, elle semble toujours un peu ailleurs absorbée par sons ou des images qu’elle seule semble voir et entendre.
C’est vers l’âge de 4 ans que les premières manifestations se produisent. Meg fait souvent cauchemar et appelle quasiment toutes les nuits.
Moïra bien que désemparée face à la récurrence des évènements demande à sa fille : qu’est ce qu’il t’arrive chérie ?
Il est là, il est là, répète Meg complètement apeurée, il vient me chercher et elle pointe son frêle index en direction du plafond. Sa mère ne peut que la rassurer et laisse la lumière afin que la fillette puisse se rendormir.
Un matin, Moïra, ne pouvant plus supporter les réveils nocturnes de sa fille demande conseil à ses parents.
Maman, qu’est-ce que je peux faire pour la petite, je n’en peux plus de ne pas pouvoir dormir une nuit complète ?
Je pense que tu devrais l’amener chez le médecin, il a sûrement quelque chose à faire.
Mais Julius, resté silencieux jusque là intervient.
Il n’y a rien que la médecine puisse faire pour cet enfant elle l’a c’est tout, ma mère l’avait, je l’ai et maintenant c’est au tour de Meg.
En grandissant les choses vont évoluer dit-il en s’adressant à sa fille, soit elle ne verra et n’entendra plus rien de particulier et elle mènera une existence tout à fait ordinaire dans le cas contraire ma fille, autant t’habituer tout de suite car ta fille sera très différente des autres enfants de son âge et tu ne sauras pas comment réagir dans de multiples situations.
Moïra répondît à son père par un hochement de tête car elle savait bien que son père disait, elle n’avait pas le « don », mais sa grand-mère partent elle l’avait et elle savait très bien que son père aussi mais elle n’en ayant pas hérité, elle n’avait à aucun moment pensé que sa fille l’aurait !
À dire vrai Moïra avait espéré que sa fille n’aurait pas ce don, ça lui aurait vraiment facilité le quotidien mais elle avait bien remarqué lorsque la sage-femme avait posé son bébé sur son ventre cet éclat différent dans ses yeux, témoin silencieux de futures capacités de sa fille…
Elle décida de suivre les conseils de son père et d’attendre pour voir de quoi il en retournait. Les nuits se succédaient aussi courtes les unes que les autres jusqu’à ce soir où Moïra su. Enfin pas immédiatement, mais finit par comprendre que ce qu’elle redoutait était avéré. Sa fille avait le don !
Un soir qu’elle regardait tranquillement la télévision dans le salon, Moïra vit apparaître le petit visage laiteux de sa fille dans l’embrasure de la porte. Qu’est-ce qui se passe ma chérie tu n’arrives pas à dormir demanda Moïra à Meg.
Maman, je peux te faire un câlin ?
Oui bien su chérie, viens là.
Meg alla se lover dans les bras de sa mère et brusquement s’empara des mains de sa mère et compta six doigts et dit : plus que ça, plus que ça, plus que ça, plus que ça, plus que ça, plus que ça, et après c’était fini.
Moïra regarda sa fille d’un air abasourdi et lui dit : mais qu’est-ce que tu veux dire par la chérie ? Qu’est-ce que ça signifie ?
Mais Meg ne répondît pas et frotta ses yeux ensoleillés.
Le lendemain Moïra aborda et épisode nocturne avec son père qui lui : Très bien six minutes et six heures se sont écoulées attendons six jours. Le sixième jour arriva et avec lui le chagrin du deuil, là grand-mère de Moïra mourût ce jour là. La mère de Jane, bien qu’âgée n’était pas malade et tous furent choqués par son décès soudain. Les obsèques passées Moïra prît conscience que c’était ce malheureux événement que sa fille de bientôt avait voulu évoquer. Elle questionna gentiment Meg pour savoir ce que avait retenus des jours précédents. Meg lui répondît : j’ai vu mémé Ana l’autre soir elle m’a montrer ses doigts et elle a dit qu’elle all monter au ciel. Moïra sentît un frisson la parcourir. Étonnamment, sa fille ne semblait pas du tout surprise ou inquiète de sa « vision » de son arrière-grand-mère et elle retourna dans sa chambre jouer tranquillement. C’est à cet instant précis que Moïra su mais elle était loin de se douter des épreuves qui l’attendaient…
Les mois suivant s’écoulèrent sans trop d’éléments marquant, Meg grandissait mais bien que calme et rêveuse, elle ne rapporta rien d’étrange à sa mère. Le seul élément récurrent était ses crises de somnambulisme nocturne qui obligeaient la famille entière à se lever pour éteindre toutes lumières dans le sillage de la petite fille et reconduire l’enfant jusque dans son lit après d’interminables discussions souvent décousues.
Meg continua de grandir paisiblement jusqu’à l’adolescence, elle était très bonne élève et cela rendait sa famille très fière. Bientôt ses grands-parents décidèrent d’aménager à la campagne pour vivre une retraite paisible. Et Meg entra au collège. La puberté étant passée par là, Meg n’était plus du tout la petite fille fluette qu’elle était jusque là. Elle était grande pour son âge et rondelette. C’est seulement vers l’âge de 13 ans que les moqueries incessantes de ses camarades d’école eurent raison de son caractère hyper sensible. Elle sombra dans une profonde dépression et son côté sombre prît alors le dessus.
Afin que vous compreniez d’où commence les choses pour moi, ou plutôt qu’est-ce qui fait que je me tourne vers l’occulte, je vais vous expliquer à quoi ressemble ma vie de collégienne à cette époque. Je suis une jeune fille de 13 ans qui n’est pas bien dans sa peau. Je suis petite, brune, j’ai conservé la peau laiteuse de mon enfance mais les hormones de l’adolescence m’on fait prendre pas mal de kilos. Moi poids et ma peau qui est couverte de boutons d’acné me complexent énormément. Le collège comme chacun sait n’est pas un environnement plein de soutien comme on aimerait le croire mais plutôt un ring social ou l’on doit se battre pour se faire une place. Mais à l’époque je ne le savais pas et j’en fait les frais. Mes camarades sont loin d’être tendre avec moi, je n’ai pas de petit ami car mon physique est trop ingrat. Mes « pseudo amis » m’attaquent sans cesse sur mon poids, sur mes boutons et moi comme toute adolescente je déprime. D’une déprime légère je ne tarde pas à sombre dans une profonde dépression accompagnée de troubles alimentaires. Je fais de l’anorexie mentale. Ma fille s’inquiète car je refuse de m’alimenter. Au bout de 3 mois j’ai perdu environ quinze kilos et ma mère me fait suivre pas un psychiatre. Je dois prendre un traitement qui me fait oublier qui je suis pendant un an. À l’issue de celui-ci, je ne suis plus la même Meg, j’ai changé physiquement mais aussi moralement. Je m’intéresse à l’occulte et trouve du réconfort dans des séances de oui jà et en utilisant un tarot divinatoire. Je suis souvent habillée en noir et on me surnomme la gothique ou Morticia.
Cela m’est égal, mes résultats scolaires sont excellents. La nouvelle Meg à soif d’amour et de vengeance envers ses camarades qui l’a font souffrir depuis maintenant 4 années. Les années collège se terminent enfin et lors des vacances d’été je rencontre celle qui sera ma meilleure amie pour les années à venir. Cat.
Cat et moi nous connaissions déjà, nous sommes quasiment voisines mais nous ne sommes jamais fréquentées jusque là car je n’ai pas vraiment d’ami. Mes seuls amis étaient jusque là des camarades qui au lieu de m’inviter à leurs fêtes me demandaient de rédiger leurs devoirs, car Je suis une intello, c’est comme ça qu’ils m’appellent maintenant entre eux, je ne suis pas cool, je suis bizarre.
Cet été là Cat et moi avons commencé à sortir avec d’autres filles de notre village. Un après-midi que nous ne savions pas quoi faire Cat me dit : toi qui fait les cartes tu ne voudrais pas me dire ce que tu vois pour moi ?
Oui si tu veux, mais tu sais je ne suis pas Dieu et je peux me tromper. Prends le plutôt comme un jeu que comme une science exacte.
Pas de souci, me répondît-elle.
Je me prête donc au jeu et la seule chose vraiment marquante c’est que vous un décès. J’interroge Cat quant à son environnement familial : il n’y a personne de malade à ta connaissance dans ton entourage ?
Non pas que je sache, pourquoi, qu’est-ce tu vois ?
Encore une fois je peux me tromper mais je vois le décès d’un homme proche dans ta famille mais c’est quelqu’un de malade.
Non je ne vois vraiment pas, me dit-elle.
Bon laisse tomber ce n’est probablement rien.
La journée se passe, puis deux jours environs après notre échange je retrouve Cat devant chez elle comme à notre habitude.
Elle est en larmes. Je me précipite vers elle et lui demande : mais qu’est-ce qui ne va pas ma cop’s ?
C’est mon oncle, il est décédé hier soir…
Mais qu’est-ce qui s’est passé, comment c’est arrivé ?
Je ne le savais pas mais il avait le sida, il était en phase terminale.
Oh, je suis vraiment désolée, dis-je dans un soupir.
Nous avons passé cette journée morose sans plus parler de ce triste événement. Ce n’est que le lendemain que Cat me dit : c’est fou tu avais complètement raison concernant ce décès et je n’étais même pas au courant !
Ce n’est peut-être qu’une triste coïncidence.
Non je ne crois pas me dit Cat, tu as vraiment un truc.
Ce truc, depuis mon enfance j’en entends parler et pour être complètement honnête envers moi-même j’ai parfois des intuitions, des ressentis. Je ressens des présences aussi mais je m’étais toujours dit que c’était pareil pour tout un chacun. Ce jour là j’en ai longuement discuté avec Cat et d’après elle ce que je vivais au quotidien n’était pas du tout normal comme je le pensais. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à considérer mon don de façon différente.
Je suis entrée au lycée après un été ponctué de cartomancie, de petits flirts sans importance, à la recherche du grand Amour, qui bien entendu n’a pas frappé à la porte cet été là. J’avais bien un coup de cœur mais l’écart d’âge entre nous devait rendre les choses impossibles au moins pour un temps.
Je retrouvais donc les bancs de l’école et un certain réconfort car depuis ma dépression mon physique avait bien changé. Mon acné avait quasiment disparue et mon poids était tout à fait normal, ainsi j’étais en paix avec ce que j’étais au moins physiquement.
Les week-ends et pendant les vacances je retrouvais Cat et nos séances voyance. Au lycée j’ai même fait de nombreux tirages à mes camarades qui se sont avérés vrais.
C’est l’été de mes seize ans que les présences que je ressentais jusque là sont devenues plus « bruyantes ».
Lorsque je sortais le soir avec Cat et ma mère, mais grands-parents qui eux restaient à la maison, entendaient souvent des bruits de pas. Ma grand-mère nous a souvent fait la remarque le lendemain d’une de nos soirées, de nous avoir entendu marcher à telle ou telle heure et à chaque fois nous n’étions pas encore rentrées.
Un soir, j’étais en train de dormir et la platine laser se mis en route sur une musique célèbre que j’avais laissé à l’intérieur de l’appareil. La première surprise du réveil en fanfare passée. Je me lève pour éteindre l’appareil mais une fois devant l’écran je vois qu’il est hors tension. Je pense alors à un faut contact et je me dis que je vais débrancher la prise. Je tend ma main vers la prise mais celle-ci n’est pas branchée… Je me précipite dans la cède ma mère mais le temps que je parcoure la faible distance séparant nos deux chambres, la musique cesse.
Je dois dire que cet événement m’a surprise mais il ne m’a pas pour autant effrayée. Fort heureusement car l’avenir me réserve des rencontres que je qualifierai de plus imagées !
C’est cet été là que l’amour fit son entrée dans ma vie. Le jeune homme pour lequel j’avais eu un coup de cœur l’été précédent commença à flirter avec moi. Nous nous sommes fréquentés quelques semaines et l’écart d’âge aidant, j’ai alors seize et lui vingt-deux, là question du s**e vient sur le tapis. A plus d’une reprise, mais ma jeunesse et ma fougue inexpérimentée eurent raison de moi. Ce 14 août nous sommes sortis en discothèque et je suis rentrée dormir chez lui. Lorsque je suis rentrée chez moi plus tard dans la matinée j’étais sur un nuage, plus amoureuse que jamais. Un petit appel à Cat, qui me pose un tas de questions. Il faut dire qu’elle est plus expérimentée que moi, elle vit chez son copain dans la ville où elle étudie depuis la rentrée. Ma mère, me demande discrètement si tout va bien. Je confirme je suis ravie et amoureuse. Le lendemain je tombe sur mon amoureux qui lui me bat froid un vague bonjour de loin, je déchante mais bon, il va peut-être revenir me voir. J’attends avec mon café en terrasse. Au bout d’un certain temps il finit par venir à ma table et je me dis que tout va bien. C’est alors qu’il me dit que nous ne pouvons pas continuer, que je suis mineure et qu’il peut avoir des problèmes si ma mère porte plainte. Sa mère lui aurait demandé de rompre. STOP. Ma tête éclate mon Cœur vole en éclat, je le savais volage mais aveuglée par mes sentiments et mon besoin d’amour je me suis faite avoir comme une bleue.
Voilà comment à seize an j’ai connu mon premier chagrin d’amour. Pendant des mois et des mois le chagrin a été mon compagnon fidèle et lorsque j’ai appris ses fiançailles quelques mois plus tard, la colère l’emporta sur le chagrin. D’autant plus que la fiancée en question avait le même âge que moi. J’ai alors souhaité tous les soirs avant de dormir, leur rupture. Pendant plusieurs semaines, sans perdre haleine. Je prenais régulièrement des nouvelles de leur relation par une amie commune et d’après ses dires, tout allait bien entre eux. Mais un jour, brusquement elle a décidé de rompre leurs fiançailles. Je vois mon amie peu de temps après afin d’en connaître la raison et elle me dit que la dite fiancée c’était sentie comme poussée à rompre et que rien de concret n’avait provoqué la rupture et qu’elle-même ne se l’expliquait pas autrement. Cat, qui était au courant de mon petit rituel du soir me fait un clin d’œil, elle aussi a compris de quoi je suis capable.
Je peux obtenir ce que je veux mais je me nourris alors de la souffrance que je ressens pour faire du mal aux autres. Même si lui l’avait mérité, cette fille elle ne m’avait rien fait. Je vais donc devoir choisir entre la lumière et l’obscurité et même si c’est pour un court moment l’obscurité ça a du bon et je penche clairement de ce côté-là après le petit tas de souffrances accumulées depuis ma naissance.