Lettre LXXXVII20 novembre, IX. Que la vie est mélangée : que l’art de s’y conduire est difficile ! que de chagrins pour avoir bien fait : que de désordres pour avoir tout sacrifié à l’ordre : que de trouble pour avoir voulu tout régler quand notre destinée ne voulait point de règle ! Vous ne savez trop ce que je veux vous dire avec ce préambule ; mais, occupé de Fonsalbe, plein de l’idée de ses ennuis, de ce qui lui est arrivé, de ce qui devait lui arriver, de ce que je sais, de ce qu’il m’a appris, je vois un abîme d’injustices, de dégoûts, de regrets ; et, ce qui est plus déplorable, dans cette suite de misères je ne vois rien d’étonnant, et rien qui lui soit particulier. Si tous les secrets étaient connus, si l’on voyait dans l’endroit caché des cœurs l’amertume qui les ronge, tous ce


