Lettre LXXXVIIm., 16 novembre, IX. Vous avez très bien deviné ce que je n’avais fait que laisser entrevoir. Vous en concluez que déjà je me regarde comme un célibataire : et j’avoue que celui qui se regarde comme destiné à l’être, est bien près de s’y résoudre. Puisque la vie se trouve sans mouvement quand on lui ôte ses plus honnêtes mensonges, je crois avec vous, que l’on peut perdre plus qu’on ne gagne à se tenir trop sur la défensive, à se refuser à ce lien hasardeux qui promet tant de délices, qui occasionne tant d’amertumes. Sans lui la vie domestique est vide et froide, surtout pour l’homme sédentaire. Heureux celui qui ne vit pas seul, et qui n’a pas à gémir de ne point vivre seul ! Je ne vois rien que l’on puisse de bonne foi nier ou combattre dans ce que vous dites en faveur d


