II-2

2184 Mots

Mais cette âme était trop pervertie pour s’arrêter longtemps à une pensée d’humiliation et de repentir. Une image toute différente sourit bientôt à son orgueil, et elle finit par se dire : Pourquoi pas ? Elle avait entendu les garçons de l’hôtel, en dépit de la République, appeler monsieur de Nareins monsieur le marquis : voir ce marquis à ses pieds, désespéré de ses rigueurs, lui offrant sa main et son nom, se faire prier, puis dire oui, et devenir madame la marquise, elle, l’humble fille d’artiste, la femme de lettres, l’alliée du tribun Julien ! entrer par cette porte, dorée et armoriée, dans cette société patricienne qu’elle avait tant de fois vouée à la haine et au mépris ! Après tout, cet espoir était-il si insensé ? N’était-elle pas plus belle que bien des jeunes filles nobles ? Ne

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