LIJeudi, 10 octobre. Avant de sortir ce matin de la mer Intérieure, nous nous étions arrêtés, les derniers jours, dans quelques villages des bords ; villages tous pareils, où semblait régner la même activité physique, et la même tranquillité dans les esprits. Des petits ports encombrés de jonques de pêche et où l’on sentait l’âcre odeur de la saumure. Des maisons tout en fine et délicate menuiserie, d’une propreté idéale, gardant l’éclat du bois neuf. Une population alerte et vigoureuse, singulièrement différente de celle des villes, bronzée à l’air marin, bâtie en force, en épaisseur, avec un sang vermeil aux joues. Des hommes nus comme des antiques, souvent admirables, dans leur taille trapue, leur musculature excessive, ressemblant à des réductions de l’hercule Farnèse. À vrai dire, de


