I Dans la rueJuin 1901. À la splendeur de juin, qui est là-bas rayonnante et limpide plus encore que chez nous, je me souviens de m’être posé pour quelques jours dans une maisonnette, à Séoul, devant le palais de l’empereur de Corée, juste en face de la grande porte. Dès l’aube – naturellement très hâtive à cette saison, – des sonneries de trompettes me réveillaient, et c’était la relève matinale de la garde : une longue parade militaire, où figuraient chaque fois un millier d’hommes. Les autres bruits de Séoul commençaient ensuite, dominés par le hennissement continuel des chevaux, – de ces petits chevaux coréens, ébouriffés et toujours en colère, qui se battent et qui mordent. Ce palais d’empereur se dissimulait derrière des murs. En se mettant à ma fenêtre on n’en pouvait rien voir,


