XEn approchant du but de leur expédition, Levine et Oblonsky eurent la même pensée, celle de se débarrasser de leur incommode compagnon. « Le beau marais, s’écria Stépane Arcadiévitch, lorsque après une course folle ils arrivèrent encore en pleine chaleur du jour : remarquez-vous les oiseaux de proie ? c’est toujours un indice de gibier. – Le marais commence à cet îlot, messieurs, expliqua Levine tout en examinant son fusil ; et il leur indiqua un point plus foncé qui tranchait sur l’immense plaine humide, fauchée par endroits. – Nous nous séparerons en deux camps si vous voulez bien, en nous dirigeant vers ce bouquet d’arbres ; puis de là nous gagnerons le moulin. Il m’est arrivé de tuer ici jusqu’à dix-sept bécasses. – Eh bien, prenez la droite, dit Stépane Arcadiévitch d’un air indif


