Moonshine: Chapitre unique

1153 Mots
C'était un soir de pleine lune. J'avais récemment emménagé dans une grande maison située à la lisière d'une forêt où l'on entendait chaque soir des hurlements de loups. Mon père avait un métier difficile et contraignant qui nous obligeait à changer de domicile régulièrement. Il était chercheur en phénomènes paranormaux, spécialiste des loups garous. Cette maison était une opportunité pour lui, la proximité des fauves lui permettant une meilleure observation de leur mode de vie. Ce soir -là, j'étais allongée sur mon lit, dans ma chambre, et je lisais un livre sur les sorciers. Tout était calme dans la maison. Mes parents devaient sûrement être dans le salon, je ne sais trop, en tout cas, ils ne faisaient pas le moindre bruit. J'entendais uniquement la légère brise du vent contre ma fenêtre dont les volets n'étaient pas fermés. Je m'arrêtai dans ma lecture quelques secondes pour réfléchir aux nombreux devoirs que j-avais à faire. C'était bon, j'étais bien à jour. Rassurée, je poursuivis ma lecture. Je sursautai lorsque j'entendis un bruit d'assiettes fracassées sur le sol. Inquiète, je posai mon livre et sortis de ma chambre pour m'assurer que tout allait bien. J'espérais entendre des voix venant de mes parents, mais tout était redevenu silencieux. Je me dirigeai vers le salon et la cuisine. Le silence de ma demeure était devenu glacial, voir oppressant. J'arrivai dans le vaste salon. Il n'y avait personne, hormis une lumière allumée ainsi que l'ordinateur de ma mère, posé sur la petite table en face du canapé. « – Papa ? Maman ? » appelai-je. Je n'eus comme réponse que le vent qui s'agitait au dehors. Curieuse, je regardai l'écran de l'ordinateur de ma mère. Celui-ci affichait un article d'une page Internet sur les vampires et les loups-garous. Voilà quelle s'intéressait aux travaux de mon père ! Je commençais sérieusement à m'inquiéter de leur absence. Je tentai de me rassurer. Ils étaient forcément là, ils ne m'avaient juste pas entendue... J'allai dans la cuisine dont la lumière était aussi allumée. Il y avait là, sur le sol, les débris d'une assiette. Mais où étaient mes parents ? Qui avait cassé cette assiette ? Dehors, le vent était plus agité, son sifflement perçait mes tympans. Je crus voir une ombre passer devant la fenêtre de la cuisine, une ombre de chien énorme.... Or, nous n'avions pas d'animal à la maison et celui-ci était immense...Je frissonnais et mes poils se hérissèrent. Mon imagination me jouait forcément des tours... Je cherchai mes parents dans tout mon chez-moi. Il n'y avait aucune trace d'eux, ils avaient disparu. J'entendis alors un faible hurlement de loup qui semblait provenir de la forêt. Je cédai à la terreur. Je ne savais pas quoi faire. Devais-je appeler la police ? Non, j'allai plutôt faire sonner le téléphone de ma mère, elle ne le quittait jamais ! Tremblante, je retournai dans ma chambre. Je pris mon téléphone et appelai ma mère. J'entendis alors la sonnerie de son téléphone résonner depuis sa chambre. J'allai dans la direction de la musique, puis arrivai devant le lit double. J'appuyai sur l'interrupteur et la lumière clignota avant d'éclairer la vaste pièce. Je vis le téléphone allumé vibrer sur la table de chevet, située à côté du grand lit. Je raccrochai mon téléphone. Il n'y avait personne ici non plus. Je tremblais comme une feuille. Au dehors, le tonnerre retentissait dans la nuit infernale. Il y avait une tempête atroce. On pouvait entendre la pluie qui martelait les vitres. La lumière s'éteignit une fraction de secondes avant de se rallumer, ce qui ne me rassura guère. J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir en grinçant et sursautai lorsque celle-ci se referma dans un claquement qui résonna dans la maison. Encore une fois, je ne savais pas si je devais juste me cacher, tenter d'appeler mon père ou même appeler la police. J'entendis des bruits de pas. Je restais figée. Je finis par regarder hors de la pièce dans le sombre couloir. Je vis une silhouette s'y dessiner au bout. Mes mains étaient moites. « – Papa ? Maman ? » appelai-je en claquant des dents. La silhouette se rapprocha. C'était mon père, trempé. Je me sentis soulagée. « – Que fais-tu, ma chérie ? Il est tard, tu dois dormir, me dit mon père. – Oui mais j'étais inquiète, où étiez-vous passés ? Et où est maman ? Je veux la voir ! – Écoute, maman et moi nous sommes disputés, elle est partie pour la soirée chez une amie. – Une amie ? Quelle amie ? Nous ne connaissons encore personne ici ! lançai-je, angoissée. – Ne m'oblige pas à me fâcher ! Je te dis que ta mère sera de retour demain, maintenant, va dormir ! » Il hurlait à présent, les yeux injectés de sang, et de la bave lui coulait aux coins des lèvres. Je filai sans demander plus d'explications et restai éveillée, dans le silence de la nuit, guettant le moindre bruit suspect, le moindre soupir étrange, mais rien, mon père était allé se coucher. Le lendemain matin, je me levai, me préparai et descendis déjeuner. Sur la table trônait un verre de jus de raisin maison, mon préféré. Un post it était collé dessus : « Pour ma fille, son jus de fruits préféré ! Pardon d'avoir crié...je t'aime, Papa ». Je le bus avec avidité. Le goût était étonnant, un peu amer et ferreux mais bon, délicieux même. Je partis de chez moi pour aller au collège – ma mère n'était toujours pas là et mon père dormait encore, j'avais du mal à croire à cette dispute et surtout à imaginer qu'elle ait pu me laisser ici seule avec lui. Je marchais à la lisière de la forêt, quand tout à coup, je vis de l'herbe tâchée de sang. Je me penchai pour observer la tâche plus attentivement et découvris une racine enfouie dans le sol. Mon téléphone bipa avec un bruit familier. J'avais reçu un message, il provenait d'un numéro inconnu : « Heather, j'espère que tu auras ce message. Pars, enfuis-toi loin de papa ! Cette nuit, il a tenté de m'agresser dans la cuisine. Il est devenu fou et a cherché à se jeter sur moi pour que, à mon tour, je devienne une âme perdue, une louve-garou. Je lui ai jeté une assiette à la figure avant de m'enfuir mais il m'a poursuivie et je me suis blessée en tombant sur une racine dans l'herbe. Des voisins m'ont secourue et je me réveille juste de mon intervention à l'hôpital. Ton père a trouvé un moyen de devenir comme eux, ces créatures qu'il vénère et étudie depuis si longtemps. Il a ingéré du sang de loup et à la pleine lune, il peut se métamorphoser...j'ai peur qu'il ne tente de te faire rejoindre sa meute, n'accepte rien qui vient de lui surtout, et rejoins moi à l'hôpital Chartreuse, je t'aime ma chérie... »         FIN
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