Le silence du château du nord n’était plus seulement une absence de son. C’était une présence en soi. Une chose qui respirait, observait, écoutait. Depuis la sentence suspendue, Elara n’avait plus revu le Prince. Les gardes l’avaient reconduite dans une autre partie du palais — plus haute, plus froide, plus éloignée du cœur du royaume. On l’avait conduite à travers des couloirs tortueux, bordés de statues à demi vivantes dont les yeux semblaient suivre ses pas. Quand les lourdes portes de fer s’étaient refermées derrière elle, elle avait compris : elle n’était pas libre. Elle n’était pas morte, non plus. Elle était gardée. La nouvelle aile où on l’avait enfermée ressemblait à un labyrinthe. Des couloirs interminables, des arches qui semblaient se refermer sur elles-mêmes, des escalier


