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1297 Mots
Il n'était pas là. Ces mots faisaient vibrer mon esprit, je me trouvais là, toute seule, au milieu de personnes réjouies, heureuses de se retrouver, tandis que moi, j'étais profondément esseulée. Un éclair me tira de ma léthargie. Je ne l'avais pas remarqué, mais de nombreux paparazzis étaient présents, s'attardant sur les retrouvailles de mon amie avec Shannon. Il faut dire que niveau discrétion, ils n'avaient rien fait. Shannon n'avait même pas pris la peine de porter une casquette et des lunettes pour ne pas attirer l'attention. Au contraire, il portait un t-shirt avec le logo de son groupe, ses tatouages étaient visibles et ses cheveux blond platine ne passaient pas inaperçus. Cela me fit rire, car je pense qu'il avait intentionnellement choisi d'attirer l'attention sur eux, voulant probablement tirer profit de leur bonheur. Pendant un bref instant, cette pensée m'a fait perdre de vue ma solitude, mais elle s'est aussitôt imposée de nouveau quand ils ont traversé la pièce, passant à côté de moi pour se diriger en hâte vers la sortie. J'ai pris conscience de leur départ et de celui des paparazzi trop tard, me retrouvant alors seule, plantée au milieu de cette salle qui avait des allures de désert. Cette situation me ramenait à une époque où je connaissais trop bien ce sentiment d'isolement. Au collège, je n'étais pas la plus populaire, bien au contraire. Combien de fois les autres élèves m'ont ignorée, sans même remarquer ma présence. Lorsque ma classe partait en sortie, si je ne suivais pas le groupe, on m'aurait sûrement oubliée. À plusieurs reprises, je me suis retrouvée face à la classe, qui me regardait avec étonnement, se demandant ce que je faisais là et dans quelle équipe je pourrais m'intégrer pendant les cours de sport. Souvent, j'ai dû effectuer des travaux de groupe en solo, même le professeur ne semblait pas s'en apercevoir, car pour eux, j'étais invisible. Oui, à cet instant, j'avais mal. Les douleurs du passé sont ancrées en moi, et je souffrais de voir que la personne que j'aimais le plus au monde semblait, elle aussi, avoir oublié mon existence. Soudain, quelqu'un s'est approché de moi, et avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, cette personne s'est précipitée sur moi, emprisonnant mes lèvres dans un b****r. Enlaçant son corps contre le mien. À peine ce parfum et ce b****r m'ont-ils touchée que mon cœur s'est embrasé instantanément. Il ne m'avait pas oubliée. Une joie intense m'a envahie et j'ai entouré son cou de mes bras. À l'instar de son frère, il avait visiblement opté pour une apparence banale, ce qui explique que je ne l'ait pas repéré dans la foule. Quand il a interrompu notre b****r, j'affichais un sourire radieux, je crois n'avoir jamais été aussi épanouie de toute mon existence. Ses yeux se sont posés sur moi, il a caressé ma joue, essuyant une larme qui avait visiblement coulé. Il m'a alors rapprochée de lui, me serrant fort dans ses bras. Je dois admettre que cette attention m'a encore plus touchée. Il avait cette facette protectrice qui me plaisait beaucoup et faisait me sentir spéciale à ses yeux. Il arrivait à comprendre ce que je ressentais, simplement en me regardant. Il savait lire en moi, ce qui était une véritable prouesse de sa part, car personne d'autre n'en était capable. — viens, on y va ! Il a tendu sa main vers moi, prenant ma valise de l'autre. Je m'en suis rapidement emparé, peut-être par crainte de me retrouver de nouveau seule, je ne saurais dire. Il m'a alors entraînée vers une autre porte, différente de celle qui menait à l'extérieur. Nous avons descendu quelques marches, et j'aurais juré qu'il s'agissait d'une sortie de secours ou d'une porte de derrière. Une fois arrivés au parking, il s'est dirigé d'un pas rapide vers sa voiture, a ouvert le véhicule et y a littéralement jeté ma valise. Il m'a lancé un "monte" qui semblait pressé, avant de prendre place derrière le volant. Il a alors démarré rapidement et est parti sans attendre. Je ne comprenais pas le caractère pressant de la situation, à moins que je n'aie pas tout saisi. Honnêtement, dès qu'il s'est présenté à moi, je n'ai plus eu d'attention que pour lui, négligent totalement ce qui se passait à l'extérieur. Il s'est frayé un chemin parmi les paparazzi, qui attendaient manifestement avec empressement l'arrivée de mon amie et de son petit ami. Je me questionnais sur ce qui les occupait si longtemps, alors qu'ils avaient une longueur d'avance sur nous. C'est après cette réflexion que j'ai compris que nous étions la cible des paparazzi, et non mon amie comme je le croyais. — Baisse la tête si tu ne veux pas faire la une des journaux ! Je me suis exécuté comme convenu, il était évident entre nous que je ne souhaitais pas être médiatisée. J'avais conscience que Jordan possédait un charisme de séduction bien plus développé que le mien. Il était magnifique, sexy, et une célébrité mondiale, tandis que moi, je n'étais qu'une femme lambda qui venait de prendre une décision déraisonnable en abandonnant tout ce qui m'était familier pour le rejoindre. Il faut être complètement fou pour agir de la sorte. Quelques minutes ont été nécessaires pour passer à travers la multitude d'appareils photo et de smartphones qui ne voulaient qu'une seule chose : obtenir un scoop. Chacun semblait vouloir être le premier à avoir mon portrait. Lorsque j'ai entendu le moteur ralentir, je me suis décontracté et je l'ai entendu rire. — C'est bon, tu peux te relever ! Après m'être à nouveau installée convenablement, j'ai ressenti des vertiges. Cela a été une expérience émotionnellement intense en très peu de temps, et je dois admettre que je ne m'y attendais pas. En France, les choses se déroulaient de façon bien plus sereine. Nous avons mis plus d'une demi-heure pour arriver devant l'imposant portail de sa propriété. Celui-ci s'ouvrit de lui-même quand nous sommes arrivés, me laissant découvrir la beauté de cette maison, qui paraissait blottie dans un endroit isolé, au beau milieu de nulle part, à l'abri des regards extérieurs. L'intérieur était d'une simplicité étonnante, pour ne pas dire d'une grande sobriété. Je ne retrouvais pas dans cette décoration l'homme excentrique que je connaissais. Tout était épuré au maximum et les pièces, déjà immenses, paraissaient encore plus vastes. Jordan a rapidement remarqué mon air surpris et s'est empressé de me rassurer. — Une décoratrice doit venir, je voulais qu'on imagine la décoration ensembles, pour que tu te sentes un peu plus chez toi. Cependant, il n'y a une pièce dont je me suis occupé, j'espère que tu ne m'en voudras pas. Il avait prononcé ces paroles en anglais, activant la fonction de traduction vocale de son téléphone. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, piqué par la curiosité de découvrir quelle pièce il avait pris soin d'aménager. Il m'a tendu la main pour m'y conduire. Nous nous sommes dirigés vers le fond d'un long couloir, aussi vide que le reste de la maison. Une fois devant la porte, il m'a laissé l'ouvrir. Mes mains tremblaient et mon cœur s'est emballé lorsque j'ai découvert la chambre qui allait être la nôtre. — J'ai été aidé ! M'avoua-t-il. À mes yeux, la chambre était parfaite : elle était à la fois chaleureuse et spacieuse, sans être surchargée. La luminosité était agréable, tout en étant rehaussée par des couleurs chaudes. Les diverses teintes de crème s'accordaient harmonieusement. Le lit, avec sa tête de lit blanche, conférait une ambiance romantique à la pièce. Des plaids étaient disposés sur les fauteuils à côté de la tête de lit, ainsi que sur le banc au pied du lit. Il s'est avancé vers moi et m'a prise dans ses bras. — Bienvenue chez toi !
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