Alors tous les efforts des dragons se tournèrent vers Brun et Francezet ; les Suisses les suivirent à pied, et une course merveilleuse commença ; car ces deux hommes, si forts et si adroits, semblaient se faire un jeu de cette fuite, s’arrêtant d’instant en instant, quand ils croyaient avoir gagné assez sur ceux qui les poursuivaient, et déchargeant alors leurs fusils sur les plus proches, sans que Francezet, digne de la réputation qu’il s’était faite, manquât un seul coup ; puis, se remettant à fuir, ils rechargeaient leurs armes en fuyant, sautant fossés et rivière, et profitant des détours qu’étaient obligés de faire les Suisses et les dragons, pour s’arrêter et reprendre haleine, au lieu de gagner quelques couverts où ils eussent été en sûreté. Deux ou trois fois Brun fut sur le point


