VAINCU OUI (c’est rien de l’dire) Je suis rentré chez moi, tôt, arguant un besoin de me recueillir, de m’isoler, de me préparer. Raisons qui sont très bien passées. J’appelle ma mère. Je la sais, maintenant que je sais tout, chamboulée à juste titre. Elle n’en laisse pas voir grand-chose mais en profite pour me proposer de déjeuner avec elle demain : — Je laisserai Elvira à la cantine. Mais je te ferai un truc vite fait. Je la crois, oui ! Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Elle va encore en profiter pour me remplir de protéines. Et je me demande si s’empiffrer juste avant un enterrement c’est très protocolaire. D’un autre côté je n’ai lu nulle part qu’il fallait s’y présenter à jeun. Elle en rajoute : — Je ferai des restes, ne t’inquiète pas. Je ne suis pas inquiet mais je ne la


