VAIN NEUF (obsèques) Fait pas chaud, au petit matin quand je gare ma voiture sur le parking où elle a ses habitudes. Mes deux compères sont déjà attablés. Momo normal. René moins. Le grand deuil dès neuf heures ça ne passe pas inaperçu dans le bistro. Veste noire, type redingote, pantalon en tergal gris foncé avec b****s gris clair, col roulé « lie de vin foncé » et, posés sur la table, des gants noirs qui me semblent sortis direct de chez un motociste ou un loueur de matériel de sports d’hiver. — T’es déjà en tenue ? — Oui, j’aurai pas l’temps de repasser chez moi. Faut que j’aille aider un pote qui a fait rentrer du bois. Même si le « dans cette tenue ? » me titille, je n’en laisse rien paraître. C’est inutile. Je n’ose imaginer dans quel état va être l’ensemble à quinze heures. Raou


