Le ton était enjoué, le sourire éclatant, mais les yeux restaient durs et froids comme la pierre. Bertrand s’efforçait de sauvegarder les apparences ; mais, se retrouver face à une femme qui avait été sa maîtresse et lui avait donné deux enfants, sans laisser paraître son trouble, relevait de l’exploit. Quant à Salmont, il était muet et blême. C’était donc la seule et même femme qui s’était jouée d’eux. Promettant le mariage à l’un et abandonnant deux enfants à l’autre comme deux vulgaires paquets. Et aujourd’hui elle se tenait là, arrogante et cynique, aux côtés d’un mari qu’on devinait amoureux comme un collégien et soumis comme un toutou. La première émotion passée, Bertrand sentit monter en lui une folle colère. Il aurait voulu gifler ce visage lisse qui n’exprimait aucun sentiment,


