66 Paulina Alvarez débarqua à Roissy par un matin froid et pluvieux. Épuisée, un peu perdue, mais résolue, elle traversa le tarmac, contourna la zone de débarquement des bagages – elle n’en avait aucun – et présenta son passeport au contrôle douanier. Le bagagiste rencontré à Santiago lui avait assuré qu’il n’y aurait aucun problème. Elle avait décidé de lui faire confiance, mais au moment de tendre le document, elle se prit à douter. Si tout ne se passait pas comme prévu ? Si le douanier découvrait que le passeport était un faux ? Gorge nouée, poings serrés dans ses poches, la Chilienne ne quitta pas l’officier du regard. Chaque seconde fut une torture, jusqu’à ce qu’enfin, l’homme lui délivre le sésame et la laisse repartir. En franchissant le dernier portique de sécurité, Paulina émit


