53 Laboratoire d’analyse scientifique, Paris. 23 h 58. Tapi dans l’habitacle de sa Peugeot, Paul Marsac avait attendu que le parking souterrain se vide avant de risquer un pied à l’extérieur. Près de trois heures à présent qu’il n’avait rien pris. Étonnamment calme, il se surprenait lui-même de cette endurance. Pas de suée, pas de tenaillement dans les entrailles, aucun signe avant-coureur d’une crise de manque. Quelle que soit la raison d’un tel répit, il en goûtait chaque minute avec délectation, éloignant pour un temps les affres de sa lente décrépitude. L’atmosphère crépusculaire du sous-sol, baignant dans la lumière blafarde de tubes fluorescents, le ramena à la réalité. Sa petite supercherie sur les lieux du dernier meurtre en date de Müller devait avoir été découverte depuis long


