Il se rassit brutalement. – Jusqu’à ce point radieux de l’oubli de soi. Cet abîme intérieur nous aspire comme des bulles de savon. Je me sentis flotter. Le sol se gondola, le visage du Grand Flou se déforma en une sorte de nappe, ou un rideau de théâtre. Les murs de la guérite s’étaient volatilisés, remplacés par un cosmos tournoyant, dans lequel dérivaient les lueurs confuses de constellations. Le Grand Flou oscillait devant moi, comme un voile agité par une brise. – Ouvrez bien vos yeux, car je vais vous montrer ! dit-il de sa voix caverneuse. Et les pans du rideau s’ouvrirent dans un éblouissement. Je marchais maintenant sur le rond-point, qui brillait d’une lumière intense. Les fleurs avaient des yeux de pétales et vibraient de parfums, le gazon verdoyait et la route autour de nou


