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589 Mots
Chapitre 3 — Les Murmures de l’Ombre Mirabelle Le jour du mariage approchait comme une lame suspendue au-dessus de ma tête. Chaque seconde me rapprochait d’une prison dont je ne sortirais jamais. Pourtant, au fond de moi, une certitude grandissait : je devais m’échapper. Un matin, ma mère entra dans ma chambre. Son regard était grave, mais sa voix se voulait douce. — Aujourd’hui, tu vas rencontrer ton futur mari, Léon. Sois sage et montre-toi respectueuse. Un nœud m’étrangla. Je hochai la tête, résignée en apparence, mais au fond de moi je jurai de ne jamais céder. Je descendis au salon. Léon m’attendait déjà. Quand mes yeux croisèrent son visage, je crus suffoquer. Il était encore plus vieux, plus repoussant que je ne l’avais imaginé. Sa peau grise, son sourire trop large… tout en lui me glaçait le sang. — Enchanté, Mirabelle, dit-il en s’inclinant. Vous êtes encore plus belle que je ne l’avais imaginé. Je répondis, glaciale : — L’enchantement est réciproque, monsieur. Ses yeux brillèrent d’un éclat étrange. — Je crois que nous allons nous entendre très bien, Mirabelle. Très bien même. Je me reculai vivement, feignant une toux pour cacher ma panique. — Pardon, monsieur… un peu de poussière dans la gorge. Il rit, mais son regard restait aussi tranchant qu’une lame. — Je vois. Eh bien, je vais vous laisser vous refaire. Mais ce soir, au dîner, je m’attends à une compagnie plus… agréable. Puis il sortit, laissant derrière lui une odeur de parfum lourd et écœurant. Je poussai un soupir tremblant. J’étais soulagée qu’il parte, mais terrifiée par ce qu’il attendait de moi. Un bruit derrière moi me fit sursauter. Je me retournai brusquement. Ma mère était là, immobile, ses yeux fixés sur moi avec une intensité étrange. — Maman ! Tu m’as fait peur ! Elle s’avança, baissa la voix. — Mirabelle, je sais ce que tu penses faire. Je reculai d’un pas, le cœur battant. — Que veux-tu dire ? Elle me prit la main, ses doigts tremblants. — Je suis là pour te dire que je t’approuve. Tu dois fuir. J’ai vu Léon de près aujourd’hui… et il est dangereux. Je la fixai, bouleversée. — Maman, je croyais que tu voulais que je l’épouse… Elle soupira, les yeux voilés de regrets. — Oui, je l’ai voulu. Pour ta sécurité, pour notre statut. Mais j’avais tort. Le bonheur est plus important que tout. Et Léon… il n’est pas un homme bon. Un frisson glacé remonta le long de ma colonne vertébrale. — Qu’est-ce que tu veux dire ? Elle hésita, puis se pencha, sa voix à peine audible. — On dit que des filles ont disparu dans la ville qu’il contrôle. Les rumeurs disent qu’il les retient prisonnières dans sa villa… Certaines n’ont jamais reparu. Mon sang se glaça. — Maman… c’est… c’est horrible ! Elle serra mes mains plus fort, ses yeux suppliants dans les miens. — Je sais. C’est pour ça que tu dois fuir, Mirabelle. Fuis avec James, aussi loin que possible. Je vais t’aider. Je te donnerai de l’argent, une voiture… mais il faut agir vite, avant que Léon ou ton père ne devinent quoi que ce soit. Je sentis mes jambes se dérober sous moi. Une partie de moi voulait croire qu’il s’agissait de simples rumeurs… mais le regard de ma mère disait le contraire. J’étais partagée entre la peur, la gratitude et l’urgence. Mais une chose était certaine : je ne pouvais plus attendre. Ce mariage n’était pas seulement une prison… c’était une condamnation à mort.
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