Le sacrifice d'une femme amoureuse, d'une mère pour ses enfants.

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ÉPISODE 09 JANICE KONÉ : ÉPOUSE AMANDÉ Je suis de nationalité ivoirienne, plus précisément d’Odienné. Patrick mon époux, je l'ai rencontré à Abidjan à l'époque où j'apprenais la coiffure et lui et étudiant immigré. Il bénéficiait d'une bourse de l'ambassade de France. Très bel homme et posé, il avait loué un studio dans la cours commune de mon oncle où je vivais. Tous ceux qui sont dans cette cour avaient peur de lui parce qu'il était béninois. Moi au contraire, j'étais curieuse. Je voulais apprendre un peu plus sur sa culture, sur le vodoun. Un peu un peu, les choses se sont faites. On était tombé amoureux. Il était fasciné par mon sens de l'humour et ma manière de concevoir les choses. Je finis très vite ma formation et ouvris mon atelier. En bonne amoureuse, je lui remettais tout ce que je gagnais. Mon oncle appris l'idylle qu'il y avait entre nous et avait décidé de me faire partir au village. À l'époque, Patrick venait de finir sa formation. Tellement amoureuse, j'ai pris le risque de le suivre jusqu'à son pays. J'ai fugué avec Patrick pour m'installer à Cotonou, au Bénin. Mes proches ont tenté de retrouver notre trace. Mon oncle est venu jusqu'au Bénin me chercher mais j'ai dit niet. Ils m'ont promis que si je m'entêtais, et que je ne rentrais pas, je deviendrai folle et j'en mourrais. Quelque temps après, nous nous sommes mariés malgré les menaces. Quand j'étais tombée enceinte de mon aîné Joinel, la malédiction s'abattra sur moi. À terme, je devins folle. C'est dans la folie que j'ai accouché. Je fus internée et Patrick lutta de tout son pouvoir pour que je recouvre mes sens. Ce fut le cas au bout de neuf mois. Mon fils ne me reconnaissait pas. Un moment terrible pour moi. Heureusement, mon époux m’était d'un grand soutien. À deux, on surmontait tout. Tout allait bien jusqu'à ma troisième grossesse. Patrick avait complètement changé au point de me battre. Il lui arrivait de me mettre dehors en pleine nuit. Je me disais que si j'avais des parents ici, il n'oserait pas mais voilà. Il savait très bien que je n'avais nulle part où aller et personne pour me défendre. Alors il ne se donnait plus de limite dans ces agissements envers moi. C'est sous ces coups que j'avais accouché de Ken prématurément. Après mon accouchement, il semblait changer mais ce n'était que de courte durée. J'encaissais violence sur violence. Mépris sur mépris. Je ne pouvais aller nulle part. Après tout, je n'étais qu'une simple coiffeuse immigrée et qui est l'épouse d'un grand cadre de ce pays. Il allait forcément me prendre mes enfants si je décide de partir. Je ne pouvais pas me séparer de mes enfants et Patrick, je l'aimais malgré tout. J'avais décidé de rester. Je lui fis encore deux autres garçons. J'avais décidé de me consacrer à mes activités, à mon djai comme on le dit chez moi et Dieu merci, j'ai le sens des affaires. Mon monde bascula quand en plus de me tromper, Patrick avait enceinté une autre femme. C'était comme si je tombais de haut. Et cette chute fut terrible. Une partie de moi commençait à en vouloir à Patrick. J'avais alors décidé de ne plus faire de lui ma priorité. C'est pour cela que je n'étais pas partir à son lieu d'affectation. J'avais décidé que plus rien venant de lui ne devrait me surprendre et qu'il vaut mieux que je garantis l'avenir de mes enfants, puisque désormais, ils vont devoir partager leurs héritages avec l'enfant de cette femme. Il m'a promis de la quitter. Je voudrais bien le croire, même si au fond de moi, je sais que ce n'est pas possible. Découvrir cette dernière à Kandi et en plus par les ragots était la goutte qui fit déborder la vase. J'ai dû laisser mes activités pour le suivre à l'autre bout du pays et aller découvrir qu'il y a sa maitresse. C'est pour cela que je suis revenue pour mieux me concentrer sur mes activités. Mon cœur crie vengeance mais que puis-je faire pour marquer ce type ? Les gens qui me conseillent de lui pardonner, j'ai bien envie de leur demander le mode d'emploi du pardon, car je ne sais plus comment ça marche. J'ai prié, jeûné mais c'est toujours coincé dans mon cœur on dirait une boule. Est-ce que je l'aime encore ? Oui et c'est là le vrai paradoxe. Demain, il doit venir avec les enfants et je me demande si c'est le fait que je reverrai mes enfants qui me réjouit ou le voir lui. J'ai hâte de voir ma famille réunie. Abel et Joinel seront là. Ma famille sera au complet. Que je les aime bon Dieu ! Merci pour cette famille que tu m'as donné de construire. Depuis ce matin, je nettoie la maison. Mes employés, tout y est passé. Notre grande table à manger débarrassée de tout son encombrement. Ce soir, on mangera à table comme au beau vieux temps. Quand on parle du lourd... Les voilà qui font leur entrée. J'ai envie de sauter sur mes enfants pour les embrasser, mais je n'ai plus droit à ça oh. C'est des garçons et il paraît qu'ils sont trop grands pour ça. Lol. J'ai l'impression qu'ils ne sont pas contents que ça de me voir en fin de compte, ou c'est la fatigue du voyage. Même Patrick leur papa fait une moue bizarre. À table, il avait l'air ailleurs et préoccupé. Même mon massage n'a pas pu le détendre. Il s’est retourné presque toute la nuit, m'empêchant de dormir. Je dus lui demander ce qui n'allait pas avec lui : Patrick : Il n'y a rien. Je suis juste un peu fatigué. Moi : C'est ce que je m'étais dite aussi, mais tu dois convenir avec moi que quand on est fatigué, on dort plus facilement. Patrick : Tu n'as pas tort. C'est vrai que je suis préoccupé. Attends donc demain et je t'explique tout. Moi : Ok ! Comme tu veux…
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