ÉPISODE 10
PATRICK AMANDÉ
Aujourd'hui, Joinel et Abel vont arriver. C'est le grand soir. Je vais leur dire la vérité et j'ai très peur de la réaction de mon épouse. Cette dame, je lui ai fait trop de mal et si cette fois-ci elle refuse de me pardonner, ce sera normal. Je suis tendu plus que jamais. Je viens d'annoncer que je voulais parler à tout le monde ce soir. Janice a compris qu'il y a un truc qui ne va pas. Elle a dû flairer que ce ne sera pas une bonne nouvelle.
Quand la nuit fut tombée, tout le monde se rassembla. Les frères se racontaient leurs vies avant que je ne commence à parler. Et moi je suis là, à faire l'ordre dans mes idées. Janice me sortit de ma rêverie :
- Tu n'avais pas un truc à nous dire ?
- Oui mais j'attends qu'ils finissent.
Et puis ils se sont tus pour me regarder :
- Abel comment s'est passé ton voyage ?
- Bien papa. Je suis content de vous retrouver.
- On pourra parler de ta vie désormais à Djimé plus tard si tu veux bien.
- C'est quand tu veux papa
- Et toi Joinel ? L’université ça va ?
- Un peu rude mais ça.
Je sentais mon épouse bouillir d'impatience malgré ses efforts pour dissimuler cela. Je décidai enfin de mettre fin à son supplice :
- Il y a un truc que je voulais vous annoncer. Vos frères le savent déjà. Je pense qu'il est temps de vous le dire. Vous avez une sœur.
Janice se mit aussitôt dans une colère que je ne lui connais pas :
- Tu n'as pas le droit Patrick ! Tu n'as pas le droit de révéler quoi que ce soit à mes enfants sans m'aviser d'abord.
Moi (M'enfonçant encore plus) : Tu préfères qu'on leur mente pour toujours ? Ils sont grands. Ils ont le droit de le savoir
- Patrick je t'interdis de vouloir me faire passer pour la méchante. Cette tentative de manipulation ne marchera pas cette fois. C'est quoi ton problème?
Et comme si la situation n'était pas assez compliquée Genesis dit :
- Attends d'entendre toute l'histoire avant de t'énerver.
Franck : Ta gueule !!! Ta gueule Genesis.
Moi : Qu'est-ce que c’est que ce langage de ghetto dans ma maison ? Ça ne va pas chez vous ?
J'espérais bien-sûr que les propos de Genesis ait échappé à sa mère, mais c'était peine perdue :
- Ah parce qu'il y a autre choses de pire ?
SILENCE RADIO
- Vous allez parler bon sang ? Qu'est-ce qu'il y a d'autres que je dois savoir ? Patrick parle.
SILENCE
- Tu vas parler oui ?
Ken: bon, je crois qu'il vaut mieux qu'on vous laisse entre adulte discuter.
Janice: personne ne bougent d'ici!
Ken: bon, il se fait que la maman de notre sœur soit enceinte encore de papa.
Janice devenant plus rouge de colère s'adressant à moi
- c'est vrai ce qu'il vient de dire?
Moi:.....
-Patrick es-ce que c'est vrai que tu as encore osé coucher avec cette p**e et de lui faire encore un autre enfant?
Moi (sans vraiment réfléchir) : ne la traite pas de p**e.
Et baf. Janice venait de me gifler
- je te défends de me porter main, je suis encore ton mari et je chef de cette famille, quel que soit ce qui te faire croire que tu as ce droit....
Et Bamm encore une autre gifle.
J'avais bondit sur elle sans m'en rendre compte, je venais de bastonner Janice devant les enfants. J'étais fou de rage. Et Janice perdu, sorti simplement de la maison quand les enfants ont pu me l'arracher des mains. J'eus le réflexe de lui courir après mais mon égo me retint. Elle venait quand même de lever la main sur moi un homme, son homme. Que fait-elle de la soumission? Elle n'a absolument pas le droit ni de lever le ton sur moi ni de me porter main, on est en Afrique quand même.
Les enfants ont vite fait de me laisser seul. Qu'est-ce que je viens de faire ? Au lieu d'un arrangement, j'ai aggravé mon cas. J’eu l’idée de faire appel à mon oncle et notre témoin de mariage pour qu'ils m'aident.
JANICE KONÉ : ÉPOUSE AMANDÉ
Mon monde vient encore une fois de s'écrouler. Patrick vient encore de me poignarder en plein cœur. J'en ressens la douleur physiquement. Cette nuit j'ai cherché les larmes sans pouvoir en verser. Oh mon pays, ma famille. Ce n'est même pas sûr que je reconnaisse chez moi si je décide de rentrer. Il y a si longtemps. Depuis ma venue au Bénin je n'ai plus eu aucun contact avec les miens. Aujourd'hui j'aimerais rentrer chez moi, avec un peu de chance ils vont peut-être me pardonner. Peut-être que si je leurs avoue mon échec ils auront pitié de moi et me prendront. Les enfants sont à présent grand, ils n'ont plus besoin de moi. Je ne sais pas si je peux encore lui pardonner, je n'en ai pas la force. Pour enfoncer le clou encore plus, il m'a frappé devant les enfants.
Qu'ils leurs révèlent qu'il a une fille dehors était déjà une humiliation pour moi, j'avais l'impression que l'image de la femme forte que les enfants avaient de moi venait de s'écrouler. Je n'ai jamais voulu être une victime de ma vie. Je n'ai pas de fille mais à mes garçons je voulais montrer qu'une femme est forte, qu'une femme est respectable. Un beau cinéma qui s'est vite dissipé. Cette fois-ci, c'en est trop. Je le quitte et c'est fini.
Au petit matin, je vis débarquer chez nous mon beau père et notre témoin de mariage. Les deux demandent à me parler. On se mit dans mon atelier où j'avais passé la nuit. Les enfants étaient à l'intérieur donc on ne pouvait pas rester là-bas
Comme si de rien n'était, je me mis à genoux pour saluer mon beau père et ensuite notre témoin. Mon beau père fit le premier à prendre la parole…