ÉPISODE 11
JANICE KONÉ : ÉPOUSE AMANDÉ
- Maman Nel ! C’est une histoire que ton époux m'a raconté. C’est ce qui témoigne de ma présence ici ce matin, car je ne pouvais m'asseoir après cela. Tu m'as toujours respecté mon épouse et moi malgré qu'on ne soit directement les parents de ton mari. Tu nous as toujours traités comme tes propres parents parce que ton cœur est blanc et tu es bien éduquée. Tu nous as donné cinq grands gaillards et tu t'es entièrement dévouée à ma famille et je t'en remercie. Si nos situations n'étaient pas comme elles sont, c'est moi-même qui amènerait ta dot à ton père et le louer parce qu'il a fait une fille digne et respectable, celle que tout homme recherche dans sa vie. Tu entres dans une maison et cette maison est comblée. Tu touches à un arbre mort et il commence à fleurir. Tu entres dans une maison triste et tu l'illumines avec ta joie de vivre et tes blagues.
Émue, je me jetais au pied de mon beau père pour cette louange qu'il me fait. Il poursuit en disant :
- Ma fille ! J'ai appris que le feu t'as brulé. Oui ma fille ! J'ai appris que pendant que tu cherchais à guérir de cela, ce feu t'as encore brulé une seconde fois. Ma fille on t’a offensé. On t’a blessé. J'aimerais te dire que je te comprends, que je comprends ta peine mais ce serait faux. je ne peux qu'imaginer juste. Toi seule connais la douleur dans ton cœur. Je sais que des excuses ne panseront pas ton cœur mais ma fille, je te demande pardon. Avec tous les aïeux et ancêtres de cette famille, je me mets à genoux pour te demander pardon. Pardonne ton mari et ne le quitte pas. Tu as déjà mangé le serpent. Il ne reste que la tête. À qui veux-tu laisser cela ? Je te connais sage et mature. Si tu as besoin de réfléchir, les portes de chez moi te sont ouvertes. Tu sais très bien qu'il ne te quittera pas. Il sautera tout le dehors s’il veut, mais toi tu es son terminus. Je n'excuse pas son désordre. Loin de là. J’essaie juste de t'ouvrir les yeux sur la réalité.
Moi : Papa je te remercie pour ta considération à ma personne. Merci d'avoir faire le déplacement. J’aurais pu venir vers vous. Papa vous êtes un homme respectable, un grand et la grandeur vous va. Avant tout propos papa, j'aimerais vous demander pardon et vous demander de demander pardon à mon époux pour moi. En effet, hier dans l'excès de colère, j'ai eu à faire une chose interdite. J'ai giflé mon mari et j'en suis désolée. Cela ne colle pas avec ma personnalité et je ne me reconnais pas en ça.
Beau-père : J'ai toujours admiré ta sagesse ma fille. Tu es une femme bénie. Ne dit-on pas qu'une faute avouée est à moitié pardonnée ? Sache que ton mari et moi nous ne t'en tenions pas rigueur. Si j'étais là, tu aurais eu même le droit de le tabasser si c'est ça qui te soulagerait. Ma dernière phrase est pour rigoler bien sûr. Hahaha ! Une femme ne frappe pas ; ni son mari ni personne d'autres. Une femme est caractérisée par la tempérance. Tu peux poursuivre ma fille.
Moi : On dit chez moi que "ce n'est pas parce que la femme a consenti pour l'acte sexuel qu'il faut mettre les testicules aussi". Mon mari a exagéré. C’est allé loin. Il est resté près de moi. Il m'a souillé en partageant mon intimité avec une autre. Et comme si ça ne suffisait pas, il fait non pas un mais deux enfants avec la même personne. On ne peut plus dire que c'est une erreur. C’est un choix. Patrick a choisi de fonder une autre famille dehors et ça, je ne peux l'accepter. Si c'est l'or qu'il y a dans cette maison, que cette femme vienne y habiter pour prendre sa part. Je suis fatiguée et je ne vais pas mourir à cause de lui pour laisser mes enfants. C'est parce que mon époux sait que je n'ai personne qu'il se permet de me faire subir tout ça.
Notre témoin : Ma chère sœur ! Je sais que tu es blessée et que tu parles sous le coup de l'émotion. Souviens-toi que vous êtes unis devant Dieu et devant les Hommes. Le mariage religieux est indissoluble. Le meilleur et le pire que tu as prononcé dans tes vœux le-voilà. Si tu as besoin de réfléchir, prends ton temps. Nous sommes à ta disposition au cas où tu aimerais parler. Nous te porterons également en prière afin que Dieu puisse t'aider dans ce processus et t'accorder la grâce du pardon.
Mon beau père : Nous allons demander à partir. Merci de nous avoir écouté. Tu voudrais que nous t'arrangions une chambre chez nous ?
Moi : Non ce ne sera pas nécessaire. Je vais rester ici à mon atelier.
C'est ainsi que nous nous sommes quittés. Je dois avouer que tout ce qu'ils viennent de me dire m'as un peu embrouillé.
De son côté, Patrick fait de son mieux pour se faire pardonner. Il m'a même offert mon vin préféré.
Ce soir, c'est l'archevêque même qui a demandé à me parler. Quand je suis allée, il m'a confié que mon mari regrette ses faits et que je devrais lui pardonner comme le Christ le recommande. Je fus très touchée par cette attention et décidai de retourner dans mon foyer. Patrick toujours à mes soins a demandé d'affectation pour revenir ici près de moi. Cela me touche. Notre vie repris son cours. Nous sommes redevenus une famille heureuse avec nos grands enfants. Il ne me cachait rien de tout ce qu'il faisait à l'endroit de ces enfants de dehors et cela avait le don de me rassurer. Je me sentais en confiance même si au fond de moi, je savais que c'était de l'illusion. Mon instinct me poussa à enquêter dans le dos de mon mari. Ce que je découvris m'horripila. L'être humain est méchant et cruel. Mon mari a décidé de faire la connaissance des parents de Chantale dans mon dos. Et c'est ma belle-mère qui s'est occupée de l'organisation. Celle-là même qui avait dû élever mon fils quand je souffrais de démence. Devinez qui est allé faire la connaissance avec mon époux !
Mon beau père même en chair et en os. Celui à qui je voue un certain respect plus que quiconque…